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25 juin 2026

L’aquamation, la crémation à l’eau, fait son entrée en Europe

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320 kg
C’est la quantité moyenne de CO₂ générée par une seule crémation classique — soit sept fois plus que ce qu’émet une aquamation.

L’Écosse pionnière : une légalisation historique au Royaume-Uni

Le 2 mars 2026, le Parlement écossais a adopté les règlements autorisant officiellement l’aquamation sur son territoire, devenant ainsi le premier pays du Royaume-Uni à franchir ce cap. La ministre écossaise de la Santé publique, Jenni Minto, a qualifié la pratique d’« alternative respectueuse de l’environnement », saluant une avancée en phase avec les attentes d’une population de plus en plus soucieuse de son empreinte écologique.

L'Écosse pionnière : une légalisation historique au Royaume-Uni
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Toutefois, la légalisation ne signifie pas que les premières cérémonies pourront avoir lieu immédiatement. Des infrastructures spécifiques doivent être construites et des autorisations administratives obtenues. La société Kindly Earth, qui détient les droits exclusifs de fabrication des équipements d’hydrolyse alcaline au Royaume-Uni, estime qu’il faudra jusqu’à neuf mois avant que le premier établissement soit opérationnel. Un accord devra également être conclu avec Scottish Water, chargée de gérer les effluents issus du processus.

L’Écosse n’est pas la première à ouvrir cette voie dans le monde. L’aquamation est déjà légale dans 28 États américains, ainsi qu’au Canada, en Irlande, en Afrique du Sud, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Elle avait été largement médiatisée en 2021 lorsque l’archevêque Desmond Tutu avait expressément choisi ce procédé pour ses propres funérailles, contribuant à faire connaître la pratique à l’échelle internationale.

En France, une pratique toujours hors-la-loi sans perspective d’évolution proche

En France, la situation est radicalement différente. L’aquamation est formellement interdite par l’article R2213-15 du Code général des collectivités territoriales. La loi française ne reconnaît à ce jour que deux modes de sépulture : l’inhumation et la crémation. Toute autre pratique, quel que soit son degré d’acceptation à l’étranger, est donc illégale.

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En France, une pratique toujours hors-la-loi sans perspective d'évolution proche
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Légaliser l’aquamation nécessiterait une réforme législative d’ampleur : un débat parlementaire spécifique, la création d’un statut juridique nouveau pour les résidus organiques issus du processus, et une révision en profondeur du Code général des collectivités territoriales. Des étapes longues et complexes, pour lesquelles aucune proposition de loi n’est actuellement à l’étude.

Les professionnels du secteur funéraire estiment qu’une autorisation en France dans un avenir proche reste peu probable. Pourtant, la demande sociale pour des obsèques plus respectueuses de l’environnement est bien réelle : dans les pays où la pratique est autorisée, de nombreuses personnes ont d’ores et déjà modifié leur testament pour y inscrire l’aquamation comme volonté funéraire.

La décision écossaise du 2 mars 2026 pourrait faire figure de déclencheur en Europe : si l’Irlande avait déjà ouvert la voie, le Royaume-Uni franchit désormais un cap symbolique fort. D’autres pays pourraient suivre, à mesure que la demande pour des funérailles écologiques progresse sur le continent. En France, en revanche, le chemin reste long : sans volonté politique affichée et sans texte législatif en préparation, l’aquamation demeure une option hors de portée pour les années à venir. Ce que cette vague mondiale illustre, en creux, c’est une évolution profonde du rapport à la mort — et une exigence croissante de cohérence écologique, jusque dans les derniers instants.

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