
Pendant neuf ans, cet homme aujourd’hui âgé de 32 ans a entretenu le jardin de la famille Le Pen sans que sa situation administrative ne soit jamais régularisée. Aucune démarche en ce sens n’a abouti, jusqu’à ce que les autorités engagent finalement une procédure à son encontre.
C’est dans les locaux du Local de rétention administrative (LRA) de Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, qu’Hatim B. a été placé avant son expulsion. La procédure a été engagée par le préfet du département, Alexandre Brugère, nommé à ce poste en novembre 2024.
Jany Le Pen se mobilise, l’expulsion est maintenue
Dès l’annonce du placement en rétention, Jany Le Pen, 93 ans, a décidé d’intervenir personnellement. La veuve de Jean-Marie Le Pen s’est rendue au centre de rétention de Nanterre pour rendre visite à son employé, avec lequel elle s’est entretenue pendant environ une heure.

Elle a également mandaté un avocat afin de défendre les droits d’Hatim B. et de tenter de bloquer la procédure d’expulsion engagée par la préfecture. Ces démarches n’ont pas suffi à modifier le cours des événements.
Le 23 avril 2026, à la mi-journée, la procédure a été menée à son terme. Hatim B. a quitté la France par avion, renvoyé au Maroc sans titre de séjour et sans perspective de retour légal. Le préfet des Hauts-de-Seine n’a fait aucune exception.
Une contradiction politique explosive pour le Rassemblement national
Le symbole est saisissant. La famille Le Pen, à l’origine du Front national devenu Rassemblement national, a construit sa doctrine sur la fermeté absolue à l’égard de l’immigration irrégulière. Pendant neuf ans, elle employait pourtant à domicile un jardinier marocain dépourvu de tout titre de séjour.

Face à l’onde de choc médiatique, le Rassemblement national a réagi promptement en cherchant à limiter les dégâts. Le parti a qualifié l’affaire de «situation personnelle» de Jany Le Pen, affirmant qu’elle n’avait aucun lien avec lui ni avec ses positions politiques.
Cette mise à distance n’a guère convaincu les observateurs, qui rappellent que Jean-Marie Le Pen lui-même résidait dans la propriété où Hatim B. officiait. L’affaire vient alimenter durablement les accusations d’hypocrisie adressées à la droite nationaliste française sur la question de l’emploi de travailleurs étrangers à titre privé.
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