Suivez-nous
1 juin 2026

Lee Grant, la star blacklistée par Hollywood pendant 12 ans

Dans les années 1950, Lee Grant était l’une des actrices les plus prometteuses d’Hollywood, nominée aux Oscars dès son premier film. Pourtant, la même année, l’industrie du cinéma lui a brutalement tourné le dos, l’écartant pendant près de 12 ans en raison de ses convictions politiques. Un destin hors du commun, entre mise à l’écart, résistance et consécration tardive.

Publicité

En bref

  • Blacklistée 12 ans pour avoir refusé de témoigner contre son mari
  • Nominée aux Oscars dès son premier film en 1951
  • Deux Oscars remportés malgré une carrière entravée

Des débuts foudroyants sur les planches et à l’écran

Née à New York le 31 octobre 1925, Lyova Haskell Rosenthal — son vrai nom — grandit dans un milieu modeste. Dès l’âge de cinq ans, elle monte sur scène comme ballerine et poursuit ses cours de danse tout au long de son adolescence.

Image d’illustration © Toptenplay

Sa formation artistique est rigoureuse : elle intègre la prestigieuse Neighborhood Playhouse, grâce à une bourse, puis l’Actors Studio, deux institutions reconnues dans le monde du théâtre américain.

Publicité

En 1951, elle fait ses débuts au cinéma dans Detective Story. Sa prestation est immédiatement remarquée : elle décroche une nomination aux Oscars pour la meilleure actrice dans un second rôle. Une entrée fracassante dans le monde du grand écran.

La liste noire : 12 ans de carrière brisée

La même année que sa nomination aux Oscars, Lee Grant voit sa carrière cinématographique s’effondrer. En cause : ses idées politiques de gauche, jugées incompatibles avec le climat de l’époque aux États-Unis.

Grille d'un studio de cinéma fermée à chaîne, symbole de la liste noire hollywoodienne
Image d’illustration © Toptenplay

Elle refuse de témoigner contre son mari, le dramaturge Arnold Manoff, devant la Commission des activités antiaméricaines, un organe parlementaire chargé de traquer les sympathisants communistes dans le monde du spectacle.

Publicité

Ce refus lui vaut d’être inscrite sur la liste noire d’Hollywood. Pendant près de 12 ans, les portes du cinéma lui sont fermées. Cette période illustre comment les convictions personnelles pouvaient, à l’époque, détruire une carrière du jour au lendemain, sans recours possible devant la justice.

Lee Grant ne cède pas pour autant. Elle continue de jouer au théâtre, refusant de renier ses idées malgré l’exclusion professionnelle et la pression sociale qui pèsent sur elle.

12 ans
La durée pendant laquelle Lee Grant a été blacklistée par Hollywood après avoir refusé de témoigner devant la Commission des activités antiaméricaines.

La chasse aux sorcières à Hollywood

Dans les années 1940 et 1950, la Commission des activités antiaméricaines (HUAC) traquait les supposées influences communistes dans le monde du spectacle américain. Des centaines d’artistes, refusant de dénoncer leurs proches, furent inscrits sur des listes noires et privés de travail, sans procès ni condamnation formelle par la justice. Ce phénomène, souvent appelé « maccarthysme », a laissé des cicatrices durables dans l’histoire d’Hollywood.

Publicité

Le retour triomphal et la consécration aux Oscars

Dans les années 1960, Lee Grant fait son retour sur grand écran. Son comeback est salué par la critique et le public, prouvant que son talent était intact malgré les années d’ostracisme.

Statuette dorée des Oscars sous un éclairage de scène, symbole de consécration cinématographique
Image d’illustration © Toptenplay

En 1975, elle remporte enfin l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour le film Shampoo. Une récompense qui consacre son retour au sommet d’Hollywood, plus de deux décennies après ses débuts.

Parallèlement à sa carrière d’actrice, elle se tourne vers la réalisation et l’écriture. En 1975, elle crée sa propre sitcom. En 1986, elle remporte un second Oscar pour son documentaire Down and Out in America, consacré à la pauvreté aux États-Unis.

Publicité

Sa fille, Dinah Manoff, née de son union avec Arnold Manoff, a également embrassé une carrière artistique, jouant notamment dans le film musical Grease aux côtés de John Travolta et Olivia Newton-John.

Un engagement au-delà du cinéma, un modèle de courage

Au-delà de ses rôles à l’écran, Lee Grant a utilisé sa caméra comme outil de combat. Ses documentaires abordent des sujets sociaux majeurs : la pauvreté, la violence conjugale et la place des femmes dans la société, des thématiques qui résonnent encore aujourd’hui dans les débats sur les droits des femmes.

Caméra documentaire sur trépied avec silhouette de réalisatrice, tournage sur les droits des femmes
Image d’illustration © Toptenplay

Après son divorce d’avec Arnold Manoff, elle se remarie en 1973 avec le producteur Joseph Feury. Sa vie personnelle, comme sa carrière, témoigne d’une femme qui a su se reconstruire à plusieurs reprises.

Publicité

Aujourd’hui âgée de 99 ans, Lee Grant reste une figure respectée et admirée. Son parcours — de la gloire précoce à l’exclusion, puis à la consécration — est souvent cité comme un exemple de persévérance face à l’injustice.

Entre 1951 et 2004, elle aura joué dans une cinquantaine de films et multiplié les apparitions télévisées. Son courage à défendre ses convictions, au prix de sa carrière, force le respect de nombreuses générations.

Le parcours de Lee Grant illustre avec force ce que peuvent coûter les convictions face aux pouvoirs en place. Blacklistée à l’apogée de sa gloire, elle a su résister, rebondir et finalement s’imposer comme l’une des grandes figures du cinéma américain, devant et derrière la caméra. À 99 ans, son histoire reste un témoignage précieux sur une période sombre de l’industrie hollywoodienne, et un exemple de courage rarement égalé.

Publicité
Publicité
Publicité
Partager sur Facebook