Cette lucidité l’amène à une réflexion troublante sur les rapports de pouvoir. Si son agresseur avait bénéficié d’un statut social plus élevé, l’histoire aurait-elle été différente ? « Si Zad avait été un présentateur télé, un metteur en scène reconnu, un Blanc puissant, je ne suis pas sûre que j’aurais eu gain de cause », déclare-t-elle dans le magazine. Une remarque qui résonne comme un constat implacable : la justice, censée être aveugle, reste influencée par la notoriété, l’origine ethnique et les moyens financiers.
Loin de se contenter d’avoir obtenu une condamnation, Lio transforme son témoignage en acte militant. Elle comprend que d’innombrables femmes, dépourvues de visibilité médiatique et de ressources, affrontent seules des procédures kafkaïennes face à des agresseurs mieux protégés. En prenant la parole publiquement, elle offre à ces victimes invisibles une validation de leur combat et la preuve qu’elles ne sont pas seules.
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