
Cannabis Médical : Quand CBD Et CBG Ciblent Le Métabolisme Hépatique
C’est précisément pour sortir de cette impasse que des chercheurs de l’Université hébraïque de Jérusalem, dirigés par le professeur Joseph Tam, ont exploré une piste inattendue : deux molécules non psychotropes du cannabis, le cannabidiol (CBD) et le cannabigérol (CBG). Leur étude, publiée dans le British Journal of Pharmacology, se distingue par sa rigueur méthodologique.
Le protocole ne laisse rien au hasard. Des souris ont reçu un régime riche en graisses pendant quatorze semaines pour induire une MASLD expérimentale, puis ont été traitées quotidiennement pendant quatre semaines par injection intrapéritonéale de CBD, de CBG ou d’un placebo. Cette administration précise écarte toute confusion avec les huiles commerciales prises par voie orale.
Les résultats révèlent des effets mesurables : amélioration du contrôle glycémique, réduction des triglycérides hépatiques, normalisation des lipides sanguins. Le CBG se distingue particulièrement en diminuant la masse grasse, le cholestérol total et le LDL, tout en renforçant la sensibilité à l’insuline. L’effet ne passe pas par une hausse de la dépense énergétique, mais par un remodelage interne du foie.
Cette distinction capitale éloigne l’étude de tout amalgame avec le cannabis récréatif. Les chercheurs n’examinent ni le THC ni un usage détourné, mais deux molécules isolées dans un cadre expérimental strict. Leur approche métabolique et hépatique déplace le débat scientifique vers des mécanismes cellulaires concrets, ouvrant la voie à une compréhension approfondie des transformations opérées au cœur de l’organe.

Double Découverte : Une Batterie Énergétique Et Un Système De Nettoyage Cellulaire Relancés
Ces transformations internes reposent sur deux mécanismes biologiques distincts que les chercheurs ont identifiés avec précision. Le premier révèle une reprogrammation énergétique inédite. L’analyse métabolomique montre une hausse significative de la phosphocréatine et de la créatine dans le foie, accompagnée d’une activité accrue de la créatine kinase. Cette réserve mobilisable fonctionne comme une batterie de secours, un tampon énergétique que les scientifiques n’associaient pas spontanément au métabolisme hépatique.
Le détail surprend : ce système opère indépendamment des récepteurs cannabinoïdes classiques et ne modifie pas l’oxydation des acides gras. Le foie récupère une capacité énergétique propre, sans passer par les voies habituellement sollicitées.

