À un mois du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, Kylian Mbappé a réaffirmé son opposition au Rassemblement national dans une interview accordée au magazine Vanity Fair, publiée le 12 mai. En guise de réponse, le président du RN Jordan Bardella a choisi l’esquive footballistique plutôt que l’argument politique. Une sortie qui s’est rapidement retournée contre lui sur les réseaux sociaux.
En bref
- —Mbappé réaffirme son opposition au RN dans Vanity Fair le 12 mai
- —Bardella répond par une plaisanterie footballistique, sans argument politique
- —Les internautes se retournent contre Bardella, jugé hors sujet
Mbappé assume ses convictions : «On est avant tout citoyen»
En couverture du magazine américain Vanity Fair, publié le 12 mai 2026, le capitaine de l’équipe de France s’est accordé une longue interview dans laquelle il aborde la question politique sans détour. Le timing est significatif : il reste exactement un mois avant le coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, prévue du 11 juin au 19 juillet.

Mbappé y défend d’abord le principe même de son engagement : «Il faut combattre cette idée selon laquelle un footballeur devrait se contenter de jouer et de se taire. On peut être footballeur, star internationale, mais on est avant tout citoyen. Nous ne sommes pas déconnectés de la réalité de notre pays.»
L’attaquant du Real Madrid, âgé de 27 ans, exprime ensuite des inquiétudes concrètes face à une éventuelle victoire du RN à la présidentielle de 2027 : «Moi, ça me touche. Je sais ce que ça signifie et quelles conséquences cela peut avoir pour mon pays lorsque des gens comme eux arrivent aux commandes.»
Ce n’est pas une position nouvelle. Lors des élections législatives de juin 2024, il avait déjà appelé les jeunes à voter pour faire barrage au RN, qualifiant les résultats du premier tour de «catastrophiques». Dans Vanity Fair, il persiste et signe, rejetant l’idée que sa fortune ou sa notoriété le déconnecterait des réalités vécues par ses concitoyens.
La réponse de Bardella : un glissement vers le terrain footballistique
La riposte de Jordan Bardella ne s’est pas fait attendre. Sur le réseau social X, le président du RN a choisi de répondre non pas sur le fond politique, mais par une plaisanterie sportive : «Et moi je sais ce qui arrive lorsque Kylian Mbappé quitte le PSG : le club gagne la Ligue des Champions !»

La pique fait référence au sacre européen du Paris-Saint-Germain, acquis après le départ du joueur vers le Real Madrid. Si l’allusion est factuelle sur le plan sportif, le procédé rhétorique surprend : face à des inquiétudes formulées sur l’avenir politique du pays, le dirigeant du premier parti d’opposition choisit de répondre en terrain de jeu plutôt qu’en terrain d’idées.
Ce n’est pas la première fois que Bardella prend Mbappé pour cible. En 2024, il avait critiqué les sportifs engagés politiquement, déclarant être «quelque peu gêné de voir ces sportifs qui gagnent beaucoup d’argent faire la leçon à des gens qui gagnent 1 450 ou 1 500 euros par mois». Cette fois, il abandonne même cet argument pour se réfugier derrière l’humour.
Retour sur 2024 : quand Mbappé est entré en politique
En juin 2024, lors de la dissolution de l’Assemblée nationale et de l’annonce d’élections législatives anticipées, Kylian Mbappé avait pris la parole publiquement pour appeler les jeunes à voter, mettant en garde contre la montée des extrêmes : «J’appelle tous les jeunes à aller voter, à prendre conscience de l’importance de la situation.» Jordan Bardella avait alors critiqué cette intervention, estimant qu’un sportif aussi fortuné n’était pas légitime pour donner des leçons à des salariés modestes. L’interview Vanity Fair de mai 2026 marque une nouvelle étape : Mbappé ne réagit plus à un événement immédiat, il formule une inquiétude durable sur l’avenir du pays.
Sur les réseaux, les internautes infligent un retour de flamme à Bardella
La réponse de Bardella n’a pas produit l’effet escompté. Sur X et les autres plateformes, les internautes ont largement raillé la sortie du président du RN, la jugeant dérisoire et hors sujet face à des préoccupations politiques jugées sérieuses. Nombreux sont ceux à avoir souligné l’incapacité à répondre sur le fond : quand un footballeur de renommée mondiale s’inquiète de l’avenir démocratique du pays, une plaisanterie de vestiaire n’est pas perçue comme une réponse à la hauteur.

Le paradoxe n’a pas échappé aux observateurs : Mbappé traverse depuis plusieurs mois une période difficile, souvent ciblé par les critiques sur ses performances sportives ou sa vie personnelle. Pourtant, sur ce terrain-là — celui de l’engagement citoyen —, l’opinion en ligne s’est rangée massivement à ses côtés.

