
La réforme de 2023 a relevé l’âge légal de départ à 64 ans pour les générations nées après 1968, contre 62 ans auparavant. Dans les faits, les médecins libéraux partent bien plus tard: l’âge moyen effectif tourne autour de 67 ans. Un départ à 65 ans se situe donc entre le seuil légal et la pratique courante du secteur.
2 966 € bruts par mois: la décomposition en trois étages CARMF
La retraite des médecins libéraux repose sur trois régimes distincts gérés par la CARMF: le régime de base CNAVPL, la complémentaire RCV et l’ASV réservée aux médecins conventionnés secteur 1. Chaque étage fonctionne par points accumulés via les cotisations, convertis en euros au moment de la liquidation.

En mars 2025, la pension brute mensuelle moyenne s’établissait à 2 966 €, soit environ 35 407 € annuels. La décomposition typique: 667 € pour la base, 1 339 € pour la complémentaire et 960 € pour l’ASV. C’est donc la complémentaire qui constitue le poste le plus lourd, représentant environ 45 % de la pension totale.
La base ne pèse que 23 % de l’ensemble, l’ASV 32 %. En 2025, la valeur du point est fixée à 0,6540 € pour la base, 76,15 € pour la RCV et 11,71 € pour l’ASV. Ces valeurs de point évoluent chaque année et conditionnent directement le montant final perçu.
La CARMF, gestionnaire unique d’un régime à trois niveaux
La CARMF (Caisse autonome de retraite des médecins de France) gère l’intégralité de la retraite des médecins libéraux. Elle administre trois régimes superposés: la base CNAVPL, commune à l’ensemble des professions libérales, la complémentaire RCV propre aux médecins, et l’ASV réservée aux praticiens conventionnés secteur 1 qui bénéficient d’une participation financière de l’Assurance maladie. Ce système par points, distinct du régime général des salariés, explique que les montants de pension varient fortement selon le niveau de cotisation et la durée d’exercice.
Entre 167 et 172 trimestres requis: décote à 1,25 % et taux plein automatique à 67 ans
Le taux plein n’est pas automatique à 65 ans. Selon les générations, il faut valider entre 167 et 172 trimestres pour l’obtenir. L’âge de taux plein automatique, lui, reste fixé à 67 ans quelle que soit la durée cotisée.

Partir avant d’avoir atteint le nombre requis de trimestres entraîne une décote de 1,25 % par trimestre manquant, appliquée à la pension de base. À l’inverse, prolonger l’activité au-delà du taux plein génère une surcote de 1,25 % par trimestre supplémentaire. Un médecin partant à 65 ans avec tous ses trimestres validés échappe donc à la décote.
Rachat de trimestres, surcote et cumul emploi-retraite: trois leviers pour améliorer sa pension
Pour les médecins qui souhaitent optimiser leur pension avant ou après 65 ans, plusieurs leviers existent. Prolonger l’activité au-delà du taux plein génère de la surcote, parfois significative sur plusieurs trimestres. Le rachat de trimestres dans le régime de base est possible jusqu’à 12 trimestres, notamment pour couvrir des années d’études ou une installation tardive.
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