
La plateforme a fait le choix d’intégrer cette œuvre dans son catalogue, s’inscrivant dans une stratégie de diversité éditoriale qui mêle productions originales, classiques et films plus audacieux. Ce pari relance aujourd’hui un débat qui semblait assoupi.
Le film est inspiré du roman de François Bégaudeau et suit Amin, un apprenti scénariste qui retrouve sa ville natale de Sète en 1994. Réservé, il passe son temps à photographier la côte, en quête d’inspiration, dans un cadre estival qui contraste avec les tensions narratives du récit.
Entre poésie et frustration : les spectateurs partagés
Sur les réseaux sociaux, les réactions oscillent entre enthousiasme sincère et déception marquée. Certains abonnés saluent une œuvre d’une grande intensité émotionnelle. « La puissance de Mektoub My Love, j’ai repleuré devant sa beauté comme lorsque je l’avais découvert au ciné à sa sortie », témoigne l’un d’eux.

D’autres, en revanche, reconnaissent la qualité formelle du film tout en regrettant sa substance narrative. « Surcoté Mektoub My love, la photographie et la réal sont superbes, mais le narratif vers lequel on veut nous amener est tout juste potable », résume un cinéphile déçu.
Un troisième camp voit dans le film un chef-d’œuvre à part entière : « Tellement de moments inoubliables. On ne ressent jamais le scénario, tout est simplement émotion, poésie et mélancolie ». Ces avis contradictoires illustrent la complexité d’une œuvre qui ne se laisse pas facilement catégoriser.
Kechiche, une filmographie sous haute tension
Abdellatif Kechiche s’est imposé sur la scène internationale notamment avec La Vie d’Adèle, Palme d’or à Cannes en 2013. Ce film avait déjà suscité de vives polémiques sur les conditions de tournage et la représentation des actrices. Mektoub My Love s’inscrit dans la continuité de ces débats, qui traversent l’ensemble de son œuvre.
La représentation des femmes au cœur des critiques
Au-delà du débat esthétique, c’est la représentation des personnages féminins qui cristallise les critiques les plus vives. Plusieurs spectatrices dénoncent une mise en scène jugée intrusive et dérangeante. « Pourquoi tant de close up sur les fesses ???? Longueur érotique inutile, plutôt questionnant quant à la place des actrices dans la réalisation », s’interroge l’une d’elles.

Ces remarques font écho aux polémiques qui avaient déjà entouré La Vie d’Adèle, précédent film du réalisateur, où la direction des actrices avait été vivement contestée. Le style visuel de Kechiche divise profondément entre ceux qui y voient une liberté artistique assumée et ceux qui dénoncent un regard voyeuriste.
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