« Si j’avais su qu’il existait une méningite avec des petites taches, si les médecins avaient été un peu plus informés, peut-être qu’elle aurait été moins impactée. Il n’y aurait peut-être jamais eu d’amputation », confie la mère lilloise. Sa conviction est désormais inébranlable : « J’estime que la vie d’un enfant, on ne l’achète pas. »
Face à ce silence médical, Mélanie lance un appel aux parents : surveiller tout état inhabituel, fièvre ou non, et ne jamais hésiter à contacter les secours. « Si on ne vous prend pas au sérieux, insistez pour vous faire entendre. »

Le Combat Quotidien D’Une Fillette Amputée Des Deux Jambes
Le 22 juillet 2019, trois jours après son arrivée aux urgences, Luana subit l’irréparable : l’amputation des deux jambes. Elle n’a qu’un an. La nécrose provoquée par le purpura fulminans ne laisse aucune alternative aux chirurgiens. Pour Mélanie, c’est le début d’un combat qui dure encore aujourd’hui, sept ans plus tard.
Mais les épreuves ne s’arrêtent pas là. Une excroissance osseuse se développe aux moignons, nécessitant une seconde intervention chirurgicale. Puis la pandémie de Covid-19 retarde l’appareillage tant attendu. Ce n’est qu’en mars que Luana reçoit enfin ses premières prothèses. Entre-temps, son quotidien s’articule entièrement autour de la rééducation, rythmé par les séances au centre spécialisé.
« Aujourd’hui, physiquement elle est impactée avec une source de handicap. Son quotidien est rythmé avec le mien pour qu’elle puisse enfin marcher toute seule », explique Mélanie, devenue aidante à temps plein. Les progrès sont lents mais réels : Luana se tient désormais debout sans aide, fait quelques pas en tenant la main de sa mère.
« Notre objectif c’est qu’elle marche toute seule et là, ça sera une victoire », confie Mélanie avec une détermination intacte. Car au-delà des jambes perdues, c’est toute une famille qui a dû se reconstruire autour de ce handicap brutal.

Les Séquelles Invisibles Sur Toute Une Famille
Au-delà des jambes perdues, c’est toute une fratrie qui a vacillé. Lorsque les deux aînés, alors âgés de 8 et 9 ans, découvrent leur petite sœur à l’hôpital, le choc est immédiat. « Mon fils n’a pas voulu la toucher de peur d’attraper ‘le microbe’ », se souvient Mélanie. Cette scène résume à elle seule le traumatisme vécu par ces enfants confrontés brutalement au pronostic vital engagé de Luana.
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