📌 Morante de la Puebla grièvement encorné au rectum lors de la Feria d’avril de Séville
Posted 22 avril 2026 by: Admin
Le matador espagnol Morante de la Puebla, 46 ans, a été grièvement blessé lors de la Feria d’avril de Séville le 20 avril 2026. Encorné au rectum par le quatrième taureau de la corrida, il a subi deux interventions chirurgicales en urgence et a été admis en soins intensifs avec un pronostic initialement qualifié de très grave. L’incident survient quelques mois à peine après son retour en piste, lui qui avait annoncé sa retraite en octobre 2025 pour des raisons de santé mentale.
En bref
- —Encorné au rectum lors de la Feria d’avril à Séville
- —Deux opérations chirurgicales d’urgence, pronostic très grave
- —De retour en piste 4 mois seulement après sa retraite
Une corrida qui tourne au drame dans le temple taurin de Séville
C’est l’une des arènes les plus emblématiques du monde taurin qui a été le théâtre de ce drame : la Real Maestranza de Caballería de Séville. Lundi 20 avril 2026, lors de la dixième corrida du cycle sévillan, Morante de la Puebla se produisait devant un public nombreux venu assister à la Feria de abril, l’un des rendez-vous taurins les plus prestigieux d’Espagne.

En tentant de contrôler l’animal à la cape, le matador a été surpris par un brusque changement de trajectoire du taureau, qui l’a encorné à la fesse gauche avant de le projeter au sol. La scène a été filmée et diffusée rapidement sur les réseaux sociaux : on y voit le torero rouler sur le sable, puis se tenir la fesse gauche, visiblement en grande souffrance.
D’autres toreros présents dans l’arène sont immédiatement intervenus pour faire fuir l’animal et protéger leur confrère à terre. Morante de la Puebla a ensuite été évacué en urgence vers l’infirmerie de la Maestranza, sous les regards silencieux du public.
La Feria de abril, rendez-vous taurin incontournable
La Feria de abril de Séville est l’un des événements taurins les plus prestigieux au monde, organisé chaque année dans les arènes de la Real Maestranza de Caballería, classées parmi les plus anciennes et les plus vénérées d’Espagne. La corrida du 20 avril 2026 était la dixième du cycle sevillano, attirant chaque jour des milliers de spectateurs venus des quatre coins de la péninsule ibérique et au-delà.
Dix centimètres de plaie, deux heures de chirurgie d’urgence
L’examen pratiqué sur place par le Dr Octavio Mulet, chirurgien en chef de la Maestranza, a révélé l’étendue des dégâts : une plaie profonde de 10 centimètres, avec une perforation de 1,5 centimètre dans la paroi postérieure du rectum. La cornada avait en outre partiellement endommagé les muscles du sphincter anal, l’une des atteintes les plus redoutées dans le milieu taurin en raison de la proximité avec des organes vitaux et du risque élevé d’infection.

Une première intervention a été réalisée sur place : lavage de la plaie, réparation de la paroi rectale et de l’appareil sphinctérien, mise en place d’un drain aspiratif dans l’espace rétro-anal. Le torero a ensuite été opéré pendant deux heures supplémentaires.
Transféré au Hospital Viamed Santa Ángela de la Cruz de Séville, il a été placé sous étroite surveillance médicale. Le pronostic, qualifié de très grave par les équipes espagnoles dans les heures suivant l’incident, imposait selon elles d’attendre au moins dix jours avant de pouvoir évaluer l’évolution des blessures et envisager un calendrier de rétablissement.
« La blessure la plus douloureuse que j’aie jamais subie »
Au lendemain de ses opérations, Morante de la Puebla a pris la parole depuis sa chambre de soins intensifs dans les colonnes du quotidien espagnol El Mundo. Ses premiers mots résument à eux seuls la violence de l’incident : « C’est la blessure la plus douloureuse que j’aie jamais subie. »

Le matador a raconté l’effroi des premières secondes suivant la chute : « J’avais terriblement mal et j’étais aussi très effrayé car j’ai vu que le taureau m’avait touché et j’ai cru que je saignais abondamment. » C’est en constatant, une fois à l’infirmerie, que l’hémorragie était en réalité minime, qu’il dit s’être « beaucoup détendu ».
Malgré une nuit qu’il décrit lui-même comme difficile, ponctuée d’insomnies, le torero a affirmé gérer la douleur avec patience : « Je vais devoir rester à l’hôpital quelques jours et j’espère que je m’en sortirai… Avec un peu de patience. » Une telle cornada au niveau du bassin nécessite généralement plusieurs semaines, voire plusieurs mois, de convalescence avant d’envisager tout retour à l’activité.
Un retour trop tôt après une retraite dictée par la maladie
Cet accident survient dans un contexte particulièrement lourd pour Morante de la Puebla. Considéré comme l’un des plus grands noms de la tauromachie espagnole contemporaine, le matador natif de La Puebla del Río (Séville) avait construit au fil des décennies une réputation de torero d’exception, salué pour son style classique et sa maîtrise de la cape.

Mais derrière cette façade de maîtrise se cachait un long combat intérieur. Diagnostiqué d’un trouble dissociatif de l’identité dès l’âge de 22 ans, il a traversé des épisodes de dépression sévère, d’amnésie et d’agoraphobie. Pour tenter de se soigner, il a eu recours à diverses thérapies médicamenteuses ainsi qu’à des séances d’électroconvulsivothérapie. Il avait lui-même confié publiquement : « J’ai pensé à la mort comme à un soulagement. »
En octobre 2025, lors de la Corrida de la Hispanidad, Morante de la Puebla avait procédé au geste symbolique le plus fort de la tauromachie : il avait coupé sa coleta, la queue de cheval traditionnelle portée par les matadors, signifiant ainsi sa retraite définitive.
Seulement quatre mois plus tard, en janvier 2026, le torero annonçait pourtant son retour en piste. Une décision qui interrogeait déjà les observateurs du monde taurin. La grave cornada du 20 avril 2026 à la Maestranza de Séville apporte une réponse tragique à ces interrogations, et relance avec acuité le débat sur les risques extrêmes que prend chaque matador en entrant dans l’arène.
L’incident qui a frappé Morante de la Puebla le 20 avril 2026 à Séville dépasse le simple fait divers sportif. Il illustre avec brutalité les risques permanents que prennent les toreros en entrant dans l’arène, dans une discipline où la frontière entre la maîtrise et le drame se franchit en une fraction de seconde. Pour ce matador au destin particulièrement tumultueux — une carrière au sommet, une retraite imposée par la maladie mentale, un retour précipité —, la question d’un éventuel comeback en piste s’annonce désormais plus incertaine que jamais. Depuis sa chambre d’hôpital, le torero a choisi les mots de la patience. La tauromachie, elle, attendra.










