Près de trois ans après la disparition du petit Emile Soleil dans le hameau du Haut-Vernet (Alpes-de-Haute-Provence), l’enquête n’a toujours pas livré ses réponses. Un reportage diffusé dans Sept à Huit le 12 avril 2026 a mis en lumière des témoignages inédits de riverains et de témoins directs. Ces nouvelles prises de parole viennent renforcer la thèse, déjà privilégiée par les enquêteurs, de l’intervention d’un tiers.
En bref
- —Les enquêteurs privilégient désormais l’intervention d’un tiers
- —Une monitrice d’équitation juge impossible qu’Emile ait marché seul
- —Plus de 60 expertises menées depuis la découverte des ossements
Une monitrice d’équitation remet en cause l’hypothèse d’une fugue solitaire
Nathalie Hugues, monitrice d’équitation et fine connaisseuse des sentiers escarpés autour du Haut-Vernet, a accordé un témoignage à TF1 dans le cadre de ce reportage. Son constat est sans appel : un enfant de deux ans et demi n’aurait pas pu s’aventurer seul sur ce type de terrain.

« Pour moi, un enfant de deux ans et demi, qu’il vienne avec un adulte oui, mais seul il voit un chemin comme ça il fait demi-tour« , affirme-t-elle, catégorique. La configuration du terrain, difficile d’accès et éloignée des habitations, rend selon elle improbable toute progression autonome du petit garçon.
Ce témoignage vient s’ajouter à un élément géographique déjà relevé par les enquêteurs : le lieu de découverte des restes se situe à plus d’un kilomètre à vol d’oiseau du hameau du Haut-Vernet, une distance jugée incompatible avec les capacités physiques d’un enfant de cet âge.
L’affaire Emile Soleil en bref
Le petit Emile Soleil, âgé de 2 ans et demi, a disparu à l’été 2023 dans le hameau du Haut-Vernet, dans les Alpes-de-Haute-Provence, alors qu’il séjournait chez ses grands-parents. Son crâne et des ossements ont été retrouvés neuf mois plus tard, au printemps 2024, sur un sentier de randonnée à plus d’un kilomètre du hameau. Les analyses médico-légales ont révélé un coup violent au visage et un possible déplacement des restes, orientant les enquêteurs vers la piste d’une intervention humaine.
La randonneuse qui a découvert le crâne sort du silence
Parmi les témoignages les plus marquants figure celui de Sadia, la randonneuse qui a découvert le crâne du petit Emile au printemps 2024. Elle décrit un choc émotionnel profond face à cette découverte macabre.

« C’est violent pour moi. Là il y avait le crâne, je l’ai trouvé en plein milieu, tout blanc, tout propre« , confie-t-elle. Elle explique sa décision d’emporter le crâne par la confusion et la détresse qui l’ont envahie sur le moment : « Dans ma tête tout se mélange, c’est horrible« .
Ce témoignage apporte un éclairage humain sur les circonstances de la découverte, intervenue neuf mois après la disparition de l’enfant, et soulève des questions sur l’état dans lequel se trouvaient les ossements au moment où ils ont été retrouvés.
Les habitants du Vernet partagent leurs doutes
Au-delà des témoins directs, plusieurs habitants du village ont également pris la parole. François Balique, ancien maire du Vernet, résume le sentiment général : « On a tous pensé que ces restes n’étaient pas venus tout seuls« .

Un chasseur du village ajoute une observation troublante au sujet du sentier où le crâne a été retrouvé : « On n’a jamais rien remarqué pourtant on y va avec des chiens qui chassent« . Ce détail alimente la thèse selon laquelle les ossements auraient été déposés sur place après les faits.
L’ensemble de ces prises de parole dessine un tableau cohérent : pour ceux qui connaissent le terrain et le secteur, la présence des restes à cet endroit précis ne s’explique pas naturellement.
Plus de 60 expertises et une enquête toujours ouverte
Depuis la découverte des ossements au printemps 2024, plus de 60 expertises ont été menées dans le cadre de l’enquête. Ces analyses ont permis d’établir plusieurs éléments troublants sur les circonstances de la mort.


