
Son récit, livré au micro de BFMTV, est précis et détaillé. « On est dans un coin sombre derrière un rideau de scène et il me colle au mur, il se serre contre moi et m’embrasse comme un fou dans le cou », affirme-t-elle. Elle dit avoir immédiatement repoussé le chanteur : « Quand il se serre, je sens son érection contre son corps et je le repousse. »
Malgré les décennies écoulées, la mémoire de cet épisode est restée intacte. Longtemps, Sabine Langaret a gardé cette histoire dans sa sphère privée, la confiant uniquement à ses proches. C’est en découvrant d’autres témoignages visant Patrick Bruel qu’elle a finalement décidé de prendre la parole publiquement.
« Je n’étais qu’un objet » : les mots qui ont tout changé
Au-delà du geste lui-même, c’est la réaction du chanteur qui a profondément marqué Sabine Langaret. Selon elle, Patrick Bruel aurait d’abord tenté de minimiser son comportement : « Je ne sais pas, j’ai vu ton cou, il était joli, j’ai eu envie de l’embrasser. Cela ne t’est jamais arrivé de vouloir embrasser un cou ? »

Mais c’est une dernière phrase, prononcée au moment de quitter les lieux, qui reste gravée dans sa mémoire. Après s’être éloigné, le chanteur serait revenu vers elle : « Il m’a dit : ‘Au revoir joli cou, beau cou, bon coup.’ » Un jeu de mots qu’elle interprète comme une réduction de sa personne à un objet de désir.
« Je n’étais qu’un objet. Je n’étais qu’un outil pour son plaisir », confie-t-elle, la voix encore chargée d’émotion. C’est l’accumulation des témoignages d’autres femmes, rendus publics ces derniers mois, qui l’a finalement convaincue de témoigner à son tour. « Ils m’ont dit d’aller témoigner », explique-t-elle, en référence à ses proches.
Une affaire qui s’inscrit dans la durée
Depuis plusieurs mois, Patrick Bruel est visé par plusieurs plaintes et témoignages publics pour agressions sexuelles et viols, qu’il conteste intégralement. L’affaire a pris une dimension médiatique importante après la publication d’enquêtes par plusieurs médias nationaux, dont France Info. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large de libération de la parole dans le milieu du spectacle, accéléré depuis l’émergence du mouvement #MeToo.
Un milieu culturel où des mises en garde circulaient
Le témoignage de Sabine Langaret intervient dans un contexte déjà chargé. Une enquête publiée par France Info a mis en lumière d’autres récits concernant Patrick Bruel, recueillis par la journaliste Juliette Campion, invitée sur le plateau de C à vous.

Selon cette journaliste, plusieurs femmes du milieu culturel lui ont confié avoir été averties avant même de travailler avec le chanteur. « En permanence, on disait aux femmes et en particulier aux jeunes femmes : ‘Attention, ne vous retrouvez pas seules avec Patrick Bruel‘ », a-t-elle rapporté.
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