
L’échappée a failli être reprise avant l’arrivée. C’est finalement Mathieu van der Poel qui s’est imposé, mais le scénario de la journée a laissé de nombreux acteurs perplexes. La question qui circulait dans le peloton était simple: pourquoi l’équipe du maillot jaune, déjà très largement en tête au classement général, prenait-elle la peine de rouler aussi fort sur une étape qui ne la concernait pas directement?
Alex Baudin, l’un des coureurs présents dans l’échappée, n’a pas mâché ses mots à l’arrivée. «Je suis quand même content que l’échappée aille au bout parce que je n’ai vraiment pas compris pourquoi UAE roulait derrière…», a-t-il confié. Une incompréhension partagée par plusieurs de ses compagnons d’échappée.
Un Tour déjà très largement dominé
Tadej Pogacar, vainqueur du Tour de France en 2024 et 2025, aborde l’édition 2026 en grand favori. Le Slovène a notamment réalisé une démonstration remarquée dans le Tourmalet pour construire son avance sur Vingegaard. Son équipe UAE Team Emirates est considérée comme la formation la plus puissante du peloton mondial.
«Ça a été fou toute la journée»: Prodhomme et les autres ne comprennent pas
Nicolas Prodhomme a exprimé la même perplexité avec une franchise remarquée. «Ça a été fou toute la journée. UAE a roulé fort pour maintenir une minute ou une minute quarante d’écart. Je n’ai pas trop compris pourquoi.» Pour plusieurs spécialistes, cette manière de tenir l’échappée sous contrôle prive les baroudeurs de toute liberté et érode considérablement le suspense de la course.

La critique va au-delà du simple désaccord tactique. Certains observateurs estiment que Pogacar souhaite tout contrôler, y compris les étapes qui ne sont pas censées le concerner, au risque de transformer la Grande Boucle en course sans enjeu. C’est dans ce contexte que l’expression «tuer le cyclisme» a commencé à circuler dans les coulisses du Tour.
Le Slovène aborde pourtant cette édition avec une avance déjà confortable. Grâce notamment à sa démonstration dans le Tourmalet, il compte 2 minutes et 42 secondes d’avance sur son principal rival, le Danois Jonas Vingegaard. Une marge qui rendait, aux yeux de nombreux observateurs, la stratégie d’UAE d’autant plus difficile à justifier.
Pogacar lui-même aurait semblé mécontent de ses équipiers
L’un des éléments les plus surprenants de cette polémique vient de Nicolas Prodhomme, qui affirme avoir observé une tension au sein même de l’équipe UAE. «Même Tadej, à un moment, voulait se mettre entre Red Bull-Bora Hansgrohe et nous pour se mettre un peu plus à l’abri, et il n’était pas si content que ça. Je ne sais pas si ses coéquipiers roulaient trop fort ou quoi. Même à la radio, on ne comprenait pas.»

Cette observation alimente une question: la stratégie adoptée dimanche était-elle pleinement assumée par le leader, ou résulte-t-elle d’une initiative mal calibrée de ses équipiers? Les versions divergent selon les interlocuteurs, et aucune explication officielle claire n’a été fournie par l’équipe UAE Team Emirates après l’étape.
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