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15 octobre 2026

Polony, 28e candidate en 2027: pourquoi les outsiders se lancent

Pour Gaspard Koenig, candidat déclaré en 2022, le premier moteur est la lassitude de l’observateur. Son think tank, Génération Libre, défendait des idées qu’il ne trouvait pas dans les partis. « Déçus qu’elles ne soient pas reprises, que les politiques ne nous écoutent pas, on a fait ça pour agir », se remémore-t-il.

Il devine que Natacha Polony est motivée par les mêmes raisons.

« La présidentielle est le seul moment » pour créer un mouvement

Pour les éditorialistes, côtoyer les politiques et défendre ses idées peut donner de l’inspiration, estime Alexandre Eyriès, enseignant-chercheur en communication. Selon lui, Natacha Polony « doit savoir qu’elle est loin de gagner, mais c’est une façon de faire entendre ses idées ».

Le système encourage aussi à saisir cette tribune. « En France, pour créer un mouvement politique, la présidentielle est le seul moment. Hélas », regrette Gaspard Koenig, qui y voit un scrutin entretenant « un rapport très infantile avec la politique », où l’on attend tout de l’exécutif.

Alexandre Eyriès rappelle qu’on décrit souvent l’élection comme « la rencontre entre un peuple et un homme (ou une femme) », avec un côté « messianique ». Il ajoute que la candidature d’Emmanuel Macron, arrivé sans véritable parti, « a décomplexé pas mal de monde ». Le politologue Jean Petaux souligne que la présidentielle reste l’élection préférée des Français et qu’il y a « toujours eu des candidatures d’outsider ».

Réseaux sociaux et ego: la fonction présidentielle désacralisée, selon un politologue

Les réseaux sociaux ont fait le reste. « Ça donne l’impression que du jour au lendemain, on peut toucher tout le monde », note Alexandre Eyriès.

Pour Jean Petaux, c’est une forme de désacralisation de la fonction présidentielle: il n’est plus nécessaire d’avoir un long parcours du combattant pour être candidat. Il y voit aussi « le triomphe d’une société individualiste et son corollaire, le narcissisme des réseaux sociaux », où la campagne devient une tribune pour donner un écho à ses idées.

Faut-il y lire un concours d’ego? Gaspard Koenig ne l’esquive pas: « Le système présidentiel est fondé sur l’ego. Il faut fendre l’armure, être martial, héroïque. »

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