
L’ancien Premier ministre règle également ses comptes avec l’histoire récente. Il qualifie la dissolution de l’Assemblée nationale décidée en 2024 par Emmanuel Macron de « l’une des décisions politiques les plus funestes de la Ve République » — un jugement sévère qui marque une prise de distance assumée avec son ancien mentor.
Le livre s’aventure aussi sur le terrain personnel, inédit pour un candidat de son rang. Attal y évoque la mort de son père en 2015, son homosexualité, sa relation avec Stéphane Séjourné et son désir d’avoir des enfants. Il confirme par ailleurs que lui et Emmanuel Macron ne sont plus en contact — une rupture qui cristallise son ambition d’incarner une page nouvelle, et non la simple continuité macroniste.
Le duel fratricide avec Édouard Philippe au sein du bloc central
Gabriel Attal ne court pas seul. Édouard Philippe, maire du Havre et président du parti Horizons, a officialisé sa propre candidature dès 2024. Les deux hommes se disputent le même électorat de centre-droit, avec des profils que tout oppose : l’un mise sur la profondeur d’expérience et l’ancrage territorial, l’autre sur la jeunesse et le renouvellement générationnel. Attal a 37 ans ; Philippe en aura 57 au moment du scrutin.

Dans l’entourage du maire du Havre, la candidature d’Attal est accueillie avec une ironie froide. « Ce serait mieux que ça n’existe pas, mais nous ne pouvons pas l’empêcher », a lâché un proche de Philippe — résumant l’état d’esprit d’un camp qui redoute la dispersion des voix plus qu’il ne craint la concurrence frontale.
Pour tenter de structurer le camp, Attal propose la mise en place de comités de liaison associant Renaissance, le MoDem, Horizons et l’UDI, tout en excluant Les Républicains dans l’attente d’une clarification de leur ligne politique. Une architecture de rassemblement qui suppose, en creux, qu’il soit reconnu comme la tête de file légitime — ce que Philippe conteste fermement.
Des sondages encore frileux face à un Philippe dominant
Les intentions de vote restent le principal obstacle d’Attal. Selon les enquêtes publiées fin mars 2026, il est crédité de seulement 11 à 13 % des suffrages au premier tour, loin derrière le Rassemblement national qui domine les projections. Un score qui illustre les difficultés du bloc central dans son ensemble, avant même que la question du candidat soit tranchée.
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