La logique économique est implacable. Chaque détenu coûte aujourd’hui 128 euros par jour à l’État, soit 47 000 euros par an. La participation demandée ne représenterait donc qu’un quart de cette somme — mais l’ampleur globale de la facture, elle, dépasse l’entendement et constitue le véritable moteur de cette initiative.

Une Prison à 4 Milliards d’Euros : le Chiffre qui Justifie Tout
Derrière cette facture de 47 000 euros par détenu et par an se cache une réalité bien plus vertigineuse. Globalement, le système pénitentiaire français engloutit 4 milliards d’euros chaque année dans les finances publiques — une somme qui, à elle seule, suffit à comprendre pourquoi la proposition Pauget trouve un écho croissant à l’Assemblée.
Mais le problème ne se résume pas à une question de budget. La France est confrontée à une crise structurelle de surpopulation carcérale que les chiffres rendent difficilement contestable : 85 373 détenus pour seulement 62 668 places disponibles, selon le ministère de la Justice. Ce déficit de plus de 22 000 places oblige l’État à envisager simultanément la construction de nouveaux établissements et la rénovation des prisons existantes — deux chantiers coûteux, financés par le contribuable.
C’est précisément ce cumul de pressions — surpopulation chronique, vétusté des infrastructures, austérité budgétaire — qui constitue l’argumentaire central d’Eric Pauget. Sa formule résume l’esprit de la proposition : « Comme celui qui casse doit réparer, celui qui dort en prison doit participer à leur entretien, à leur construction et au renforcement de la sécurité des agents pénitentiaires. »
Une conviction que partagent, au-delà de son seul camp politique, plusieurs voix inattendues au sein de l’hémicycle.
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