« L’audience sert à trancher et non à condamner »: Dati contre-attaque
La procureure Genin durcit encore le ton en reprochant à Rachida Dati d’avoir « menti » au comité de déontologie du Parlement européen, qui l’avait interrogée sur son activité d’avocate et ses risques de conflits d’intérêts. Elle lui oppose l’absence de toute trace d’un travail pro bono pour des femmes victimes de violences, alors qu’elle aurait présenté cette activité comme centrale devant le comité.
« Nulle part nous n’avons trace que vous feriez du pro bono pour des femmes battues et violées. Alors pourquoi leur indiquez-vous que la réalité de votre activité privée est de défendre les femmes, plutôt que de leur indiquer que la réalité de votre activité est de travailler pour des grands groupes industriels? », demande la procureure.
La réponse de Rachida Dati est cinglante: « Je suis très choquée que vous me traitiez de menteuse. Je ne sais même pas à quoi sert cette audience. J’ai aussi été substitut du procureur, l’audience sert à trancher et non à condamner. » L’ancienne ministre, qui a par ailleurs sollicité sa réintégration dans la magistrature, revendique ainsi sa connaissance des règles du prétoire face à l’accusation.
Rachida Dati a quitté la barre après plusieurs demi-journées d’un interrogatoire qui l’a conduite à défendre, point par point, chaque étape de sa trajectoire professionnelle depuis 2009 — de la création de sa société de conseil jusqu’à ses honoraires pour Renault-Nissan. Face à une accusation qui lui reproche d’avoir contourné les règles applicables aux eurodéputés, elle a maintenu une ligne de défense constante: la conformité stricte à la lettre de la loi.
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