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9 septembre 2026
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Procès de Mazan : Gisèle Pélicot répond aux accusations de complicité et revendique que la honte change de camp

« Alcoolique, Complice, Consentante » : la Mécanique de Stigmatisation à l’Œuvre Contre la Victime

Dans ce même prétoire où elle venait de renverser la logique de la honte, Gisèle Pélicot a dû faire face à une offensive d’une autre nature — plus insidieuse, plus calculée.

« On m’a dit que j’étais complice, consentante. On a même essayé de me dire que j’étais alcoolique. Il faut être solide pour être devant cette cour criminelle. » Ces mots, prononcés avec une lucidité glaçante, révèlent la mécanique classique du retournement de culpabilité : transformer la victime en accusée.

Au cœur de cette stratégie, les femmes de l’entourage des prévenus. Épouses, mères, sœurs — elles ont défilé à la barre pour attester du caractère « exceptionnel » de leurs proches. Gisèle Pélicot les a observées, puis répondu sans détour : « Moi, j’avais le même à la maison. » Une phrase qui dit tout sur l’invisibilité du prédateur ordinaire.

Car c’est précisément cet angle qu’elle choisit d’attaquer : « Le violeur n’est pas celui qu’on rencontre dans un parking, tard le soir. » En une seule formule, elle dynamite des décennies de représentations erronées sur la figure du violeur, renvoyant la responsabilité là où elle appartient.

Face à ces tentatives de déstabilisation, Gisèle Pélicot n’a pas vacillé. Une résistance qui allait se prolonger jusqu’au cœur même du prétoire, notamment lorsque certains accusés ont cru pouvoir clore leur acte par quelques mots d’excuses.

Image d'illustration © TopTenPlay
Image d’illustration © TopTenPlay

Les Excuses des Accusés Jugées « Inaudibles » : Gisèle Pélicot Refuse la Mascarade

Certains accusés ont cru que quelques mots d’excuses suffiraient à refermer la plaie. Gisèle Pélicot leur a opposé un démenti cinglant.

« Elles sont inaudibles. Car, quand ils s’excusent, ils s’excusent eux-mêmes. » En une seule phrase, elle démonte la logique d’une contrition qui, sous couvert de remords, ne sert qu’à alléger le poids de la condamnation. Pas de réhabilitation possible pour la victime dans ces excuses-là — uniquement une stratégie de défense déguisée en geste moral.

Ce refus de cautionner la mascarade révèle une lucidité que dix ans de traumatisme n’ont pas entamée. Gisèle Pélicot distingue avec précision ce qui relève du calcul judiciaire et ce qui constituerait une véritable reconnaissance du crime. Les deux ne se ressemblent pas.

Plus encore, elle récuse jusqu’à l’étiquette de « courageuse » que le public lui accole spontanément. « Ce n’est pas du courage, c’est de la volonté et de la détermination pour faire avancer cette société. » Une nuance capitale : le courage suggère une exception individuelle, là où la détermination implique un objectif collectif. Elle ne témoigne pas pour elle seule — elle témoigne pour transformer.

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