Le pari du maintien à domicile
Depuis plusieurs années, le gouvernement français affiche comme priorité le « virage domiciliaire » : permettre aux personnes âgées de rester chez elles le plus longtemps possible, en alternative à l’entrée en EHPAD, jugée plus coûteuse pour les finances publiques. Ce modèle repose en grande partie sur l’essor des services d’aide à domicile et sur des incitations fiscales destinées aux particuliers employeurs. En relevant l’âge d’exonération, le décret 2026-261 s’inscrit en rupture directe avec cette orientation stratégique.
Qui reste protégé ? Exceptions et filets de sécurité
Toutes les personnes de 80 ans et plus continuent de bénéficier de l’exonération automatique des cotisations patronales, sans condition de ressources. Pour les couples, la règle est qu’un seul des deux conjoints doit avoir atteint cet âge au 1er juillet 2026 pour que l’ensemble du foyer soit couvert.

Des exceptions subsistent également pour certains retraités plus jeunes reconnus comme fragiles. Les bénéficiaires de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) et de la Prestation de compensation du handicap (PCH) conservent l’exonération quel que soit leur âge, de même que les personnes percevant certaines allocations d’invalidité ou reconnues en situation de dépendance depuis l’âge de 62 ans.
Pour tous les autres, un filet de sécurité partiel demeure : le crédit d’impôt de 50 % sur les dépenses liées à l’emploi d’un salarié à domicile n’est pas remis en cause par le décret et continue de s’appliquer à l’ensemble des particuliers employeurs, quel que soit leur âge. Ce mécanisme atténue en partie la hausse, sans toutefois suffire à compenser intégralement la perte de l’exonération patronale pour les 70-79 ans.
La réforme introduite par le décret n°2026-261 marque un tournant pour des centaines de milliers de retraités qui comptaient sur l’aide à domicile pour préserver leur autonomie. Si la suppression de la rétroactivité constitue une victoire partielle arrachée par les fédérations, l’essentiel de la mesure est maintenu et son entrée en vigueur en juillet 2026 laisse peu de temps aux foyers concernés pour s’y adapter. La crainte des professionnels est que cette réforme ne fragilise durablement le modèle du maintien à domicile, en rendant ce choix financièrement intenable pour ceux qui en ont le plus besoin — soit précisément la population que le virage domiciliaire ambitionne de soutenir.
Articles suggérés
Lisnard envoie une facture de 19,58 € à Attal pour plagiat d’idées
David Lisnard, maire de Cannes et candidat à la présidentielle 2027, a publiquement accusé Gabriel Attal d'avoir repris ses idées sans le citer, lui…

