
Ce que le décret du 8 mai 2026 modifie, c’est le calendrier applicable aux générations nées entre 1964 et 1970. Le texte, publié au Journal officiel, adapte le dispositif à la suspension de la réforme des retraites de 2023. Il ne bouleverse pas l’architecture du système, mais corrige une partie des âges de départ et des durées de cotisation exigées pour ces générations spécifiques.
Pour certains assurés, cela se traduit par un départ avancé de quelques mois. Pour d’autres, l’ajustement porte davantage sur le nombre de trimestres requis ou sur la date de prise d’effet de la pension. Le changement n’est donc pas uniforme : tout dépend de la date de naissance exacte et de l’historique de cotisation.
La réforme des retraites de 2023 suspendue
La réforme des retraites adoptée en 2023 avait notamment repoussé l’âge légal de départ de 62 à 64 ans et allongé les durées de cotisation. Sa suspension partielle a conduit le gouvernement à adapter plusieurs dispositifs, dont celui du départ anticipé pour carrière longue, via le décret du 8 mai 2026. C’est dans ce cadre que les règles applicables aux générations 1964-1970 ont été révisées.
De 60 ans et 6 mois à 61 ans et 9 mois : les nouveaux âges de départ selon la génération
Pour les assurés ayant commencé à travailler avant 20 ans, les nouveaux âges de départ anticipé varient selon l’année de naissance. La génération 1964 peut partir à 60 ans et 6 mois, avec 170 trimestres requis. Pour les personnes nées entre le 1er janvier et le 31 mars 1965, l’âge est fixé à 60 ans et 9 mois avec 170 trimestres. Celles nées entre le 1er avril et le 30 novembre 1965 restent à 60 ans et 9 mois, mais avec 171 trimestres. Les natifs de décembre 1965 peuvent partir à 60 ans et 8 mois, avec 171 trimestres.

Pour les générations suivantes, le gain se lit surtout sur l’âge minimal. Les assurés nés en 1966 peuvent partir à 60 ans et 9 mois au lieu de 61 ans, avec 172 trimestres. Ceux nés en 1967 peuvent partir à 61 ans au lieu de 61 ans et 3 mois. Pour 1968, l’âge passe à 61 ans et 3 mois au lieu de 61 ans et 6 mois. Pour 1969, il passe à 61 ans et 6 mois au lieu de 61 ans et 9 mois. Et pour 1970, il est fixé à 61 ans et 9 mois au lieu de 62 ans.
Ces chiffres montrent que le gain varie d’une génération à l’autre, mais reste dans tous les cas de l’ordre de quelques mois. Il serait inexact de résumer la réforme à une règle unique : chaque assuré doit vérifier sa situation précise en fonction de sa date de naissance, de son âge de début d’activité et de son nombre de trimestres cotisés.
Septembre 2026, date charnière : un mois d’écart peut modifier l’âge de départ applicable
Le point le plus concret pour les assurés proches de la retraite, c’est la date de prise d’effet de la pension. Les nouvelles règles s’appliquent uniquement aux retraites prenant effet à partir du 1er septembre 2026. Un départ fixé avant cette date reste soumis aux anciennes règles. À l’inverse, un départ programmé à partir de septembre peut permettre, dans certains cas, de bénéficier du calendrier assoupli.

Cet arbitrage devient décisif pour les assurés à quelques semaines près. Si le relevé de carrière montre que la durée de cotisation exigée est déjà atteinte, il peut être utile de comparer deux scénarios : un départ avant septembre 2026 et un départ après. Un simple décalage de date peut modifier l’âge minimal applicable.
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