L’ampleur du phénomène interroge. Sur une base de données aussi massive, la tendance ne souffre aucune ambiguïté : le mal-être psychologique au travail n’est plus une exception, mais une réalité statistique majeure. Ce basculement reflète une transformation profonde du rapport des salariés à leur activité professionnelle, particulièrement visible chez les plus jeunes.

La Génération Z Brise Le Tabou : « 10 Arrêts En Quatre Mois, Je Ne Culpabilise Pas »
Cette transformation statistique prend chair dans les témoignages de jeunes salariés qui assument sans détour leur rapport décomplexé à l’arrêt maladie. Chez les moins de 30 ans, un arrêt sur deux est désormais lié à la santé mentale, loin devant toute autre cause.
« Si je sens que psychologiquement ou physiquement ça ne va pas, je n’ai aucun mal à me mettre en arrêt de travail. Cette année, j’ai compté, j’ai fait 10 arrêts maladies en quatre mois », confie une jeune femme à RMC. Dix arrêts en seize semaines : une moyenne d’un tous les douze jours ouvrés. Le chiffre sidère, mais l’absence totale de culpabilité dans le propos frappe davantage encore.
Un autre va plus loin dans l’aveu : « Moi 7 fois. Il y en a quatre qui n’étaient pas justifiées. Mais après c’est la santé mentale. C’est un temps où je me repose et la prochaine fois, j’irai travailler. » Quatre arrêts sur sept reconnus comme non justifiés médicalement, mais revendiqués comme nécessaires au bien-être personnel. Cette transparence brutale révèle une redéfinition du droit à l’absence : l’arrêt maladie devient un outil d’auto-régulation, un dispositif de préservation psychologique détaché de toute pathologie diagnostiquée.
Cette génération brise un tabou séculaire. Là où leurs aînés cachaient leurs fragilités, elle les affiche comme des limites légitimes à ne pas franchir.

