📌 Soisy-sous-Montmorency : le maire s’octroie +173 % d’indemnité dès son premier conseil

Posted 24 avril 2026 by: Admin #Cuisine

À peine installé à la tête de Soisy-sous-Montmorency (Val-d’Oise), le nouveau maire Nicolas Naudet a fait adopter, dès son deuxième conseil municipal, une revalorisation de 173 % de son indemnité de fonction — la portant de 1 506 à 4 110 euros bruts par mois. Une décision absente de son programme électoral, qui dépasse le plafond légal théorique pour une commune de sa taille et suscite une vive polémique, l’opposition qualifiant la mesure de « jamais vu dans aucune commune de France ».

Publicité:

En bref

  • Indemnité de 1 506 à 4 110 €/mois, votée dès le 2ᵉ conseil (+173 %)
  • Le montant dépasse le plafond légal pour une commune de 18 000 habitants
  • Des revenus syndicaux pourraient s’y ajouter pour dépasser 11 000 €/mois

Une hausse votée en catimini dès la deuxième séance

Le 2 avril 2026, lors de son second conseil municipal depuis son élection, Nicolas Naudet a soumis au vote une délibération portant sur les indemnités de la nouvelle équipe. Sans que le sujet ait jamais été mentionné dans son programme de campagne — un document de 48 pages —, le maire s’est accordé une indemnité de 4 110 euros bruts mensuels, contre 1 506 euros pour son prédécesseur.

Une hausse votée en catimini dès la deuxième séance
Image d’illustration © TOPTENPLAY

La progression est saisissante : +173 % en un seul vote, moins de deux semaines après l’installation officielle de la nouvelle municipalité. À titre de comparaison, les adjoints au maire ont vu leurs propres indemnités augmenter de seulement 14,2 % lors du même conseil — une asymétrie frappante que l’opposition n’a pas manqué de relever.

Publicité:

Pour justifier cette décision, Nicolas Naudet a avancé deux arguments. Il a d’abord invoqué un alignement sur les communes voisines, citant Montmorency et Saint-Gratien où les indemnités oscillent entre 4 000 et 5 000 euros. Il a également soutenu que la fonction de maire ne devrait pas être réservée aux retraités ou aux personnes fortunées, et que son prédécesseur percevait une indemnité volontairement réduite du fait du cumul de plusieurs mandats rémunérés — une situation qui n’est pas la sienne, selon lui.

4 110 €
C’est l’indemnité brute mensuelle que Nicolas Naudet s’est votée, soit 48 % de plus que le plafond légal théorique de 2 778 € prévu pour une commune de la taille de Soisy-sous-Montmorency.

Un montant qui dépasse le plafond légal prévu pour sa commune

Les indemnités des maires sont strictement encadrées par le Code général des collectivités territoriales. La loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025, dite « loi Gatel », a récemment revalorisé ces plafonds pour les communes de moins de 20 000 habitants, dans le but déclaré de faciliter l’engagement citoyen dans la vie locale.

Un montant qui dépasse le plafond légal prévu pour sa commune
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Pour une commune comme Soisy-sous-Montmorency, qui compte environ 18 000 habitants, ce plafond est désormais fixé à 2 778 euros bruts par mois. Or, l’indemnité votée par Nicolas Naudet s’élève à 4 110 euros — un montant qui correspond à la tranche des communes de 20 000 à 50 000 habitants, dont le plafond est de 3 699 euros, voire au-delà.

Publicité:

Des majorations spécifiques peuvent légalement s’appliquer dans certains cas — communes chef-lieu de département, classées touristiques ou balnéaires — et permettre de dépasser la base de calcul. Soisy-sous-Montmorency ne relève toutefois d’aucune de ces catégories particulières, ce qui pose des interrogations légitimes sur la conformité juridique de la délibération du 2 avril.

La loi Gatel, une réforme récente

Adoptée le 22 décembre 2025, la loi Gatel avait pour ambition de revaloriser les indemnités des élus locaux dans les petites communes afin de faciliter l’engagement citoyen et d’attirer des profils plus divers. Elle a relevé les plafonds légaux fixés par le Code général des collectivités territoriales. Pour une commune de 10 000 à 19 999 habitants, le nouveau maximum est fixé à 2 778 euros bruts mensuels — un montant que le conseil municipal de Soisy-sous-Montmorency a largement dépassé.

Des revenus cumulés qui pourraient dépasser le plafond légal de cumul

L’indemnité de maire n’est pas le seul revenu que Nicolas Naudet est susceptible de percevoir au titre de ses mandats. En tant que représentant de Soisy-sous-Montmorency dans plusieurs syndicats intercommunaux — Sedif, Siereig, Scergis, Siare et Plaine Vallée —, il peut prétendre à des indemnités supplémentaires pouvant atteindre 7 500 euros mensuels au total.

Publicité:
Des revenus cumulés qui pourraient dépasser le plafond légal de cumul
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Additionné à ses 4 110 euros d’indemnité de maire, ce cumul théorique dépasserait 11 600 euros par mois, soit nettement au-delà du plafond légal de cumul des mandats, fixé à 8 897 euros nets mensuels. Le droit prévoit un écrêtement automatique des sommes perçues au-delà de ce seuil, mais la question de la transparence de l’ensemble de ces revenus reste posée.

C’est précisément sur ce point que la justification du maire se heurte à ses propres limites. Nicolas Naudet a présenté la hausse comme une compensation logique puisqu’il « ne cumule pas », à la différence de son prédécesseur. Ses opposants rappellent que les mandats syndicaux constituent bien un cumul de revenus d’élus, même s’ils relèvent d’une nature juridique différente.

Un contexte local qui amplifie la controverse

Nicolas Naudet a été élu en mars 2026 avec 42 % des suffrages, dans un scrutin que plusieurs observateurs locaux ont décrit comme un vote de rejet de l’équipe sortante plutôt que comme un véritable plébiscite. Il était pourtant lui-même conseiller municipal depuis onze ans sous l’administration précédente.

Publicité:
Un contexte local qui amplifie la controverse
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Ce passé n’est pas sans importance. En 2021, Naudet avait voté en faveur d’un accord amiable permettant à l’ancien maire de ne pas rembourser un million d’euros d’indemnités versées illégalement — la commune ayant accepté en échange une « compensation pour préjudice » de 410 615 euros versée à l’ex-édile. Ce précédent résonne aujourd’hui différemment aux yeux de nombreux habitants.

Omar Bekare, élu sans étiquette et principal opposant au maire, n’a pas ménagé ses mots. Sur son blog, il qualifie la décision de « choquante » et affirme n’avoir jamais observé une telle hausse « dans aucune autre commune de France ». « La gestion d’une commune n’est pas un métier, mais un engagement au service des habitants », a-t-il déclaré, contestant la légitimité d’une telle revalorisation.

La polémique intervient dans un contexte national sensible sur la question du pouvoir d’achat. Alors que de nombreux Français subissent encore les effets des crises successives des dernières années, la décision d’un élu de quasiment tripler son indemnité dès les premiers jours de son mandat est perçue par une partie de la population comme un signal particulièrement mal venu.

Publicité:

L’affaire de Soisy-sous-Montmorency dépasse le cadre d’un simple fait divers municipal. Elle met en lumière les limites d’un cadre juridique que certains conseils peuvent pousser à l’extrême sans contrôle extérieur immédiat. La loi Gatel, conçue pour valoriser l’engagement des élus locaux, se retrouve au cœur d’une controverse qui illustre les risques d’un dispositif trop souple. La légalité de la délibération reste à établir formellement, tandis que la confiance des habitants envers leurs représentants — déjà éprouvée par l’affaire de 2021 — prend un nouveau coup. Plus largement, cet épisode relance le débat sur la transparence des rémunérations des élus locaux et sur la nécessité d’un regard plus systématique sur leurs décisions indemnitaires.

Publicité:

Merci pour vos PARTAGES !

Cela pourrait vous plaire

Ajouter un commentaire

Loading...