
La progression est saisissante : +173 % en un seul vote, moins de deux semaines après l’installation officielle de la nouvelle municipalité. À titre de comparaison, les adjoints au maire ont vu leurs propres indemnités augmenter de seulement 14,2 % lors du même conseil — une asymétrie frappante que l’opposition n’a pas manqué de relever.
Pour justifier cette décision, Nicolas Naudet a avancé deux arguments. Il a d’abord invoqué un alignement sur les communes voisines, citant Montmorency et Saint-Gratien où les indemnités oscillent entre 4 000 et 5 000 euros. Il a également soutenu que la fonction de maire ne devrait pas être réservée aux retraités ou aux personnes fortunées, et que son prédécesseur percevait une indemnité volontairement réduite du fait du cumul de plusieurs mandats rémunérés — une situation qui n’est pas la sienne, selon lui.
Un montant qui dépasse le plafond légal prévu pour sa commune
Les indemnités des maires sont strictement encadrées par le Code général des collectivités territoriales. La loi n° 2025-1249 du 22 décembre 2025, dite « loi Gatel », a récemment revalorisé ces plafonds pour les communes de moins de 20 000 habitants, dans le but déclaré de faciliter l’engagement citoyen dans la vie locale.

Pour une commune comme Soisy-sous-Montmorency, qui compte environ 18 000 habitants, ce plafond est désormais fixé à 2 778 euros bruts par mois. Or, l’indemnité votée par Nicolas Naudet s’élève à 4 110 euros — un montant qui correspond à la tranche des communes de 20 000 à 50 000 habitants, dont le plafond est de 3 699 euros, voire au-delà.
Des majorations spécifiques peuvent légalement s’appliquer dans certains cas — communes chef-lieu de département, classées touristiques ou balnéaires — et permettre de dépasser la base de calcul. Soisy-sous-Montmorency ne relève toutefois d’aucune de ces catégories particulières, ce qui pose des interrogations légitimes sur la conformité juridique de la délibération du 2 avril.
La loi Gatel, une réforme récente
Adoptée le 22 décembre 2025, la loi Gatel avait pour ambition de revaloriser les indemnités des élus locaux dans les petites communes afin de faciliter l’engagement citoyen et d’attirer des profils plus divers. Elle a relevé les plafonds légaux fixés par le Code général des collectivités territoriales. Pour une commune de 10 000 à 19 999 habitants, le nouveau maximum est fixé à 2 778 euros bruts mensuels — un montant que le conseil municipal de Soisy-sous-Montmorency a largement dépassé.
Des revenus cumulés qui pourraient dépasser le plafond légal de cumul
L’indemnité de maire n’est pas le seul revenu que Nicolas Naudet est susceptible de percevoir au titre de ses mandats. En tant que représentant de Soisy-sous-Montmorency dans plusieurs syndicats intercommunaux — Sedif, Siereig, Scergis, Siare et Plaine Vallée —, il peut prétendre à des indemnités supplémentaires pouvant atteindre 7 500 euros mensuels au total.

Additionné à ses 4 110 euros d’indemnité de maire, ce cumul théorique dépasserait 11 600 euros par mois, soit nettement au-delà du plafond légal de cumul des mandats, fixé à 8 897 euros nets mensuels. Le droit prévoit un écrêtement automatique des sommes perçues au-delà de ce seuil, mais la question de la transparence de l’ensemble de ces revenus reste posée.
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