La même semaine, le 11 mai, le Parlement adoptait définitivement la loi sur les soins palliatifs, par 325 voix pour et 18 contre. Ce double mouvement illustre la ligne de fracture : une majorité accepte d’améliorer l’accompagnement en fin de vie, mais refuse d’aller jusqu’à en autoriser activement l’issue.
Commission mixte paritaire : dernier recours ou nouveau blocage ?
Après ce deuxième rejet sénatorial, une commission mixte paritaire — composée de 7 députés et 7 sénateurs — doit être convoquée pour tenter de dégager un texte commun. Mais les positions des deux chambres restent si éloignées que les observateurs doutent qu’un compromis soit atteignable.

Si la commission échoue, la Constitution donne le dernier mot à l’Assemblée nationale. Les députés s’étant déjà prononcés favorablement sur le principe de l’aide à mourir, un vote final de la chambre basse pourrait imposer le texte contre l’avis du Sénat.
C’est précisément ce blocage que Stone dénonce avec sa comparaison la plus forte : « On se retrouve un peu comme dans le cas de l’avortement à une autre époque. » Elle pointe ce qu’elle appelle « des dérives » et « de l’hypocrisie », estimant que des euthanasies se pratiquent déjà officieusement en France, sans cadre légal. « Je veux que Monsieur Macron prenne les choses en main », conclut-elle.
Le témoignage de Stone, précis et sans artifice, incarne ce que des milliers de Français anticipent en silence : une mort à l’étranger parce que la loi nationale ne leur laisse pas le choix. À 78 ans, elle n’attend plus la permission de personne et a déjà réglé ses affaires de l’autre côté de la frontière. La balle est désormais dans le camp d’une commission mixte paritaire, puis, très probablement, de l’Assemblée nationale — seule institution encore susceptible d’imposer une réforme que le Sénat s’obstine à bloquer.
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