C’est ce bilan encourageant qui a conduit le Lot-et-Garonne et le Pas-de-Calais à rejoindre l’expérimentation en février 2026. Ces deux départements ont adapté les modalités à leur contexte local — notamment sur la durée maximale de suspension — tout en s’inscrivant dans la même logique : faire de la sanction immédiate un outil de dissuasion réel, et non une menace abstraite.
Une expérimentation locale aux ambitions nationales ?
Pour l’heure, la mesure reste strictement cantonnée à ces quatre départements et ne constitue en rien une réforme nationale. Elle repose sur des arrêtés préfectoraux, instrument juridique local, et non sur une modification du Code de la route. Partout ailleurs en France, le régime en vigueur demeure inchangé : 135 euros d’amende et retrait de trois points sur le permis.

Toutefois, plusieurs préfectures observent de près l’évolution des résultats dans les départements pionniers. Si les bilans à six mois confirment l’efficacité du dispositif — notamment une baisse durable des infractions et, à terme, des accidents — d’autres territoires pourraient décider d’adopter des arrêtés similaires.
La question d’une généralisation nationale reste ouverte. Elle supposerait une intervention législative ou réglementaire au niveau de l’État, ce qui n’est pas à l’ordre du jour. Mais l’initiative de ces quatre départements préfigure un débat de fond sur l’adéquation des sanctions actuelles face à un comportement qui demeure, malgré les campagnes de sensibilisation répétées, extrêmement répandu sur les routes françaises.
Le dispositif mis en place dans les Landes, le Lot-et-Garonne, le Pas-de-Calais et la Charente-Maritime représente une inflexion notable dans la façon dont la France aborde la sécurité routière : en passant de la sanction différée à la sanction immédiate, ces départements envoient un signal fort aux conducteurs. Les premiers résultats — notamment la baisse de 12 % des infractions dans les Landes en trois mois — semblent valider l’approche. L’enjeu, désormais, est de savoir si cette expérimentation locale deviendra le laboratoire d’une réforme nationale, ou restera une initiative isolée dans un pays où l’usage du téléphone au volant continue de faire des morts.
Articles suggérés
Médecin généraliste libéral: 2 966 € de retraite à 65 ans après 40 ans
Après quarante ans d'exercice libéral, un médecin généraliste partant à 65 ans perçoit en moyenne 2 966 € bruts par mois, selon les données…

