📌 Un lycéen de 15 ans tué par un chariot élévateur lors de son stage dans le Gard
Posted 17 avril 2026 by: Admin
Un adolescent de 15 ans est décédé ce vendredi matin à Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard, après avoir perdu le contrôle d’un chariot élévateur qu’il conduisait lors d’un stage en entreprise. Malgré l’intervention rapide des pompiers et du SMUR, l’élève du lycée professionnel privé Sainte-Marie n’a pu être réanimé. Deux enquêtes — l’une judiciaire, l’autre administrative — ont été ouvertes pour établir les responsabilités.
En bref
- —Un lycéen de 15 ans meurt écrasé par un chariot élévateur en stage
- —Deux enquêtes ouvertes : parquet de Nîmes et rectorat de Montpellier
- —Des cellules de soutien psychologique déployées à l’école et sur le site
Un vendredi matin fatal dans une entreprise de matériaux
C’est aux alentours de 8h30 que le drame s’est produit au sein de l’entreprise Rubis Matériaux-Tout Faire, située route de Barjac à Bagnols-sur-Cèze. L’adolescent, élève du lycée professionnel privé et CFA Sainte-Marie de la même ville, effectuait ce jour-là un stage au sein de la société spécialisée dans les matériaux de construction.

Selon les pompiers du Gard, le jeune homme se trouvait aux commandes d’un engin de levage de type fenwick — nom courant désignant un chariot élévateur — lorsqu’il en a perdu le contrôle. Il a été éjecté de l’engin avant d’être percuté et écrasé par celui-ci.
Un important dispositif de secours a été immédiatement engagé : pompiers, infirmiers sapeurs-pompiers et équipe du SMUR se sont rendus sur place dans les plus brefs délais. Malgré de multiples tentatives de réanimation, le décès de l’adolescent a été constaté sur les lieux. Il n’a pas pu être sauvé.
Une double enquête ouverte pour établir les responsabilités
Alerté rapidement, un magistrat du parquet de Nîmes s’est rendu sur les lieux dès les premières heures. Une enquête judiciaire a été ouverte afin d’établir les circonstances précises de l’accident et de déterminer les éventuelles responsabilités pénales — notamment celles de l’entreprise d’accueil, tenue à une obligation de sécurité à l’égard de tout stagiaire présent sur son site.

En parallèle, Carole Drucker-Godard, rectrice de l’académie de Montpellier, a annoncé l’ouverture d’une enquête administrative. Celle-ci examinera les conditions dans lesquelles le stage avait été organisé et encadré, ainsi que la conformité de la convention signée entre l’établissement scolaire et l’entreprise.
La question centrale sera de déterminer si toutes les conditions légales permettant à un mineur d’accéder à un engin de manutention avaient bien été réunies avant l’accident. Un dispositif de police et de gendarmerie a sécurisé le périmètre dans les heures qui ont suivi, le temps que les investigations débutent.
Les stages en entreprise pour les mineurs
Les stages en milieu professionnel sont encadrés par le Code du travail et le Code de l’éducation. Lorsqu’il s’agit d’un stage d’observation, le jeune est censé découvrir un métier sans être affecté à des tâches comportant des risques particuliers. L’entreprise d’accueil demeure responsable des conditions de sécurité sur son site, tandis que l’établissement scolaire est garant de la conformité de la convention de stage avec l’activité effectivement proposée au stagiaire.
Conduire un chariot élévateur à 15 ans : ce que dit la loi
En droit du travail français, la conduite d’un chariot élévateur est classée parmi les travaux réglementés pour les mineurs. Elle n’est pas absolument interdite, mais soumise à des conditions strictes qui encadrent toute dérogation pour les jeunes de moins de 18 ans.

Pour qu’un mineur puisse légalement manœuvrer ce type d’engin, plusieurs exigences doivent être cumulativement satisfaites : disposer d’une formation spécifique à la conduite de l’équipement concerné, obtenir une autorisation de conduite délivrée par l’employeur, et bénéficier d’un suivi médical par la médecine du travail.
Dans le cas d’un stagiaire, une contrainte supplémentaire s’applique : l’employeur doit avoir effectué une déclaration de dérogation auprès de l’inspection du travail avant toute affectation à ce type de poste. L’enquête devra établir si cette démarche avait bien été effectuée par Rubis Matériaux-Tout Faire.
Un élève de 15 ans en stage d’observation — statut dans lequel il est en principe censé observer et non réaliser des tâches à risque — ne remplit en principe pas automatiquement les conditions requises pour conduire seul un chariot élévateur. Ce point sera au cœur des investigations.
Une ville et un lycée profondément ébranlés
Le drame a provoqué un état de choc généralisé parmi les témoins et le personnel de l’entreprise. Un employé d’une quarantaine d’années, présent au moment de l’accident, a dû être évacué par les pompiers en état de choc avancé. Pour l’ensemble des personnes présentes sur le site ce matin-là, une cellule d’urgence médico-psychologique (CUMP) a été déployée sur place afin d’assurer un soutien immédiat.

Au lycée professionnel privé et CFA Sainte-Marie, établissement dont était élève la victime, une cellule d’écoute psychologique a été ouverte pour accompagner élèves et personnels face à l’annonce du décès. La rectrice de l’académie de Montpellier a exprimé sa tristesse à l’annonce du drame.
Pascale Bordes, maire de Bagnols-sur-Cèze, s’est rendue sur les lieux dans la matinée. « Un véritable drame », a-t-elle déclaré à la presse, précisant avoir été présente au moment où la famille de l’adolescent est arrivée sur place — une scène dont la brutalité illustre toute la tragédie de cet accident.
Le décès de cet adolescent de 15 ans met en lumière les risques auxquels peuvent être exposés de jeunes stagiaires, parfois affectés à des tâches dont la dangerosité excède leur statut et leur niveau de formation. Les deux enquêtes ouvertes — l’une par le parquet de Nîmes, l’autre par le rectorat de Montpellier — devront répondre à une question fondamentale : comment un élève en stage d’observation s’est-il retrouvé seul aux commandes d’un chariot élévateur ? Leurs conclusions pourraient engager de lourdes responsabilités et, au-delà de ce drame, relancer le débat sur les conditions d’accueil et de surveillance des stagiaires mineurs en entreprise.










