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6 juillet 2026

Vaccins à ARNm : bien au-delà du Covid-19, une révolution médicale

Une technologie née bien avant la pandémie
Image d’illustration © Toptenplay

Le principe est fondamentalement différent des vaccins traditionnels. Contrairement à ces derniers, les vaccins à ARNm ne reposent pas sur l’injection d’une partie du virus. Ils délivrent un code génétique que l’organisme utilise pour fabriquer lui-même la protéine virale ciblée. Ce processus est plus rapide, plus simple, et évite de cultiver des virus en laboratoire.

Lorsque le virus du Covid-19 a été séquencé en janvier 2020, les essais cliniques de vaccins à ARNm ont pu démarrer dès mars de la même année. En fin d’année, la Food and Drug Administration américaine accordait une autorisation d’utilisation d’urgence. Un délai record, rendu possible par des années de recherche préalable sur la technologie de base.

Comme le souligne Katalin Karikó, professeure adjointe à l’université de Pennsylvanie et pionnière de ces recherches : « Les vaccins sont bon marché, rapides et faciles à fabriquer. » Elle précise qu’une demi-heure après l’introduction de l’ARNm dans des cellules, celles-ci produisent déjà la protéine ciblée.

670 millions
Doses de vaccins à ARNm administrées aux seuls États-Unis depuis le début de la campagne de vaccination contre le Covid-19.

Vers un vaccin universel contre la grippe

Parmi les applications les plus prometteuses, un vaccin universel contre la grippe concentre de nombreux espoirs. Le vaccin antigrippal actuel souffre d’une contrainte majeure : il faut des mois pour cultiver le virus dans des œufs afin d’en extraire la protéine nécessaire. Le processus de production doit démarrer en février pour que le vaccin soit disponible en octobre.

Vers un vaccin universel contre la grippe
Image d’illustration © Toptenplay

Cette fabrication longue impose aux scientifiques de deviner chaque année quelle souche de grippe se propagera, en observant ce qui s’est passé dans l’hémisphère sud. Les prévisions ne sont pas toujours exactes, et le virus peut muter pendant sa culture dans les œufs. Résultat : « c’est un vaccin notoirement peu performant », analyse Anna Blakney, chercheuse à l’université de Colombie-Britannique.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon les estimations des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies, le vaccin contre la grippe utilisé en 2019-2020 n’était efficace qu’à 39 %, et celui de 2004-2005 seulement à 10 %.

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