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6 juillet 2026

Vaccins à ARNm : bien au-delà du Covid-19, une révolution médicale

Les vaccins à ARNm pourraient changer la donne. Leur fabrication pourrait être ramenée à un mois environ, permettant de cibler des souches identifiées en septembre pour une protection disponible en octobre. Mieux encore, ils peuvent coder pour plusieurs protéines virales simultanément. Norbert Pardi, de l’université de Pennsylvanie, travaille sur un vaccin universel contre la grippe qui protégerait contre tous les types susceptibles de rendre les humains malades. Son équipe a déjà montré qu’il pouvait protéger des souris et des furets contre 20 sous-types de grippe.

Comment fonctionne un vaccin à ARNm ?

Contrairement aux vaccins classiques, les vaccins à ARN messager n’injectent pas de virus affaibli ou de protéine virale directement dans l’organisme. Ils fournissent un code génétique que nos cellules utilisent pour fabriquer elles-mêmes la protéine cible, déclenchant ainsi une réponse immunitaire. L’ARNm est encapsulé dans de minuscules enveloppes lipidiques pour survivre au voyage dans le corps humain.

L’ARNm face au cancer : un potentiel immense, des défis réels

Avant même que la pandémie de Covid-19 n’éclate, des chercheurs exploraient déjà l’utilisation de l’ARNm pour traiter le cancer. L’approche diffère légèrement de celle des vaccins préventifs : il s’agirait ici d’un vaccin thérapeutique, destiné à entraîner le système immunitaire à reconnaître et attaquer les cellules tumorales.

L'ARNm face au cancer : un potentiel immense, des défis réels
Image d’illustration © Toptenplay

L’un des atouts majeurs de cette approche est sa capacité à être totalement personnalisée. Les scientifiques pourraient analyser les cellules d’une tumeur spécifique et concevoir un traitement sur mesure adapté au profil immunitaire de chaque patient. « C’est une application fantastique de l’ARN. Je pense qu’il y a là un énorme potentiel », s’enthousiasme Anna Blakney.

Mais les obstacles sont réels. Contrairement aux virus, dont on peut cibler une protéine de surface bien identifiée, les cellules cancéreuses ne présentent pas toujours de cible protéique aussi évidente. « Lorsque nos propres cellules forment des tumeurs, il n’y a souvent pas de cible aussi claire », précise Katalin Karikó.

Les cellules cancéreuses nécessitent probablement un type de réponse immunitaire différent de celui mobilisé contre un virus, note Norbert Pardi : « Nous devrons mettre au point des vaccins à ARNm légèrement différents. » Plusieurs essais cliniques sont en cours, mais il reconnaît que « la percée n’a pas encore eu lieu ». Moderna et BioNTech, les deux pionniers du vaccin anti-Covid, travaillent toutes deux activement sur des traitements contre le cancer.

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