Evans avait par ailleurs ignoré un avertissement préalable de la police avant de poursuivre les envois, ce qui a pesé dans l’appréciation des faits par le tribunal. La presse britannique a rapidement qualifié ce jugement de première condamnation au Royaume-Uni pour cyber-flatulences, ou cyber-farting.
Le harcèlement numérique répété, une infraction à part entière
Au Royaume-Uni, le harcèlement est défini juridiquement par la répétition des actes et la détresse causée à la victime, indépendamment de la forme que prennent ces actes. En France, le harcèlement en ligne est également sanctionné par le code pénal dès lors que des messages répétés portent atteinte à la tranquillité ou à la dignité d’une personne. L’affaire Evans illustre que même des contenus jugés dérisoires par leur auteur peuvent franchir ce seuil légal.
Bracelet électronique, indemnisation et deux ans d’interdiction de contact
Le tribunal a prononcé une ordonnance communautaire de 12 mois, assortie de 15 séances de réhabilitation et de 60 jours d’abstinence alcoolique surveillée par bracelet électronique. Une ordonnance restrictive de deux ans lui interdit par ailleurs tout contact avec Deborah Prytherch.

Sur le plan financier, Evans a été condamnée à verser 100 £ d’indemnisation, soit environ 116 €, à la victime, ainsi que 199 £ de frais de justice, soit plus de 200 €. Des montants modestes, mais qui s’ajoutent aux contraintes pesant sur son quotidien.
Son avocate, Harriet Gorst, a tenté de contextualiser les faits: «Il y avait des tensions entre le partenaire de Mlle Evans et son ex concernant les contacts avec les enfants. Au moment des faits, elle avait bu quelques verres et pensait que c’était une blague. Elle comprend maintenant que cela a causé une réelle détresse.»
«Je n’aurais jamais cru que péter me mènerait au tribunal»: la réaction d’Evans
Après sa condamnation, Rhiannon Evans a accordé une déclaration au tabloïd britannique The Sun, dans laquelle elle minimise la portée de ses actes: «Je n’aurais jamais cru que péter me mènerait au tribunal. C’est mesquin. Nous vivons dans une génération très "flocon de neige". J’ai retenu ma leçon.»

