Depuis ce lundi 4 mai 2026, tout étudiant muni d’une carte universitaire peut déjeuner pour un euro dans les restaurants des Crous, quelle que soit sa situation financière. Une mesure longtemps réclamée par le mouvement étudiant, intégrée au budget 2026 après une négociation politique serrée. Si la promesse est saluée, sa mise en œuvre soulève des inquiétudes concrètes sur la capacité du réseau à absorber l’afflux de nouveaux usagers.
En bref
- —Le repas à 1 € s’ouvre à tous les étudiants dès aujourd’hui
- —50 millions alloués, les syndicats en réclamaient le double
- —Certains Crous ont déjà supprimé le service à emporter
Ce qui change concrètement à partir d’aujourd’hui
Jusqu’au 3 mai, le tarif à un euro était réservé aux boursiers et aux étudiants en situation de précarité. Les autres payaient 3,30 euros par repas — sauf pendant la crise sanitaire, où le dispositif avait été provisoirement ouvert à tous. Désormais, c’est une généralisation permanente, sans condition de revenus.

Le repas élargi s’adresse à tous les titulaires d’une carte étudiante, mais aussi aux apprentis, aux alternants, aux doctorants et aux volontaires en service civique. Sa composition est définie : un plat principal accompagné d’au plus deux périphériques — entrée, fromage, dessert ou fruit. Le dispositif s’applique également au dîner dans les restaurants universitaires ouverts le soir, et ne peut être utilisé qu’une seule fois par service.
Pour Juliette, étudiante en sciences de la vie à Bordeaux, la formule est sans équivoque : « À un euro le repas, c’est imbattable. » Elle fréquentait déjà les Crous environ une fois par semaine, mais son budget limité l’empêchait d’y aller plus souvent. Elle fait partie des millions d’étudiants non boursiers qui basculent aujourd’hui vers ce nouveau tarif.
Un dispositif né pendant le Covid
Le repas à un euro avait été instauré pour tous les étudiants durant la crise sanitaire de 2020-2021, en réponse à la forte dégradation de leur situation économique. Après la levée des restrictions, le tarif préférentiel avait été maintenu uniquement pour les boursiers et les étudiants en grande précarité, les autres repassant à 3,30 euros. La généralisation de 2026 s’inscrit donc dans la continuité d’une mesure déjà expérimentée à grande échelle, dont les Crous connaissent bien les effets sur la fréquentation.
Une concession politique arrachée dans le budget 2026
La mesure ne doit pas grand-chose au hasard. En janvier 2026, cherchant à éviter une censure de son gouvernement, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait annoncé plusieurs concessions en faveur du pouvoir d’achat réclamées par le Parti socialiste. Le repas à un euro pour tous les étudiants en faisait partie, aux côtés d’autres engagements sur les dépenses sociales.

Les Jeunes Socialistes ont qualifié la mesure de « victoire », saluant l’aboutissement d’une revendication portée depuis plusieurs années par le mouvement étudiant. La Fage, première organisation étudiante, a également accueilli positivement le dispositif, tout en appelant à ce qu’il soit pérennisé au-delà de 2026 et en jugeant l’enveloppe budgétaire insuffisante pour couvrir pleinement les besoins.


