Le 6 mars 1981, une mère allemande sortait un pistolet de son sac à main dans une salle d’audience de Lübeck et abattait l’homme accusé du meurtre de sa fillette de 7 ans. Condamnée à six ans de prison, Marianne Bachmeier est devenue malgré elle un symbole de la douleur maternelle poussée à l’extrême. Plus de quarante ans après les faits, cette affaire continue de diviser profondément l’Allemagne.
En bref
- —Une mère abat le meurtrier de sa fille en plein tribunal
- —Six ans de prison, dont seulement trois effectués
- —L’opinion allemande reste partagée sur sa condamnation
Un geste prémédité au cœur du tribunal
Ce matin du 6 mars 1981, Marianne Bachmeier pénètre dans la salle d’audience de Lübeck où se tient le procès de Klaus Grabowski, accusé de l’enlèvement, des sévices et du meurtre de sa fille Ana, âgée de 7 ans. Sans hésiter, elle sort un pistolet de son sac à main et tire sur l’accusé, qui succombera à ses blessures.

Arrêtée immédiatement après les faits, Marianne Bachmeier ne manifeste aucun regret apparent. Elle sera rapidement surnommée « maman vengeresse » par les médias allemands, une expression qui résume à elle seule la façon dont une partie de l’opinion publique percevra son acte.
Ce n’est qu’en 1995 qu’elle avouera avoir prémédité son crime. Elle déclarera également avoir voulu empêcher Grabowski de continuer à répandre des mensonges sur sa fille lors du procès.
Ana, une enfant enlevée un jour de dispute
La petite Ana est née en 1973, troisième enfant de Marianne Bachmeier, qui décide cette fois de la garder et de l’élever seule. En mai 1980, une dispute entre la mère et la fille pousse l’enfant à sécher l’école. C’est ce jour-là qu’elle croise Klaus Grabowski, un boucher de 35 ans.

Grabowski séquestre la fillette dans son appartement pendant de longues heures. Il abuse d’elle, puis l’étrangle. C’est sa propre fiancée qui le dénoncera à la police, déclenchant ainsi son arrestation.


