📌 Accident, ivresse, refus de dépistage : le député RN Antoine Villedieu à nouveau mis en cause

Posted 26 avril 2026 by: Admin #Cuisine

Le député RN de Haute-Saône Antoine Villedieu est impliqué dans un accident de la route survenu vendredi 24 avril 2026 à Noidans-lès-Vesoul, dans un état d’ivresse manifeste selon les constatations des gendarmes. Il a refusé de se soumettre aux tests d’alcoolémie et de stupéfiants, et une enquête judiciaire a été ouverte à son encontre. C’est le second incident public en moins de quatre mois pour l’élu de 37 ans.

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En bref

  • Accident causé vendredi matin dans un état d’ivresse manifeste
  • Refus des tests alcool et stupéfiants à l’hôpital
  • Déjà retrouvé dans un « état second » en janvier 2026

Un vendredi matin sous haute tension à Noidans-lès-Vesoul

C’est vers 9h30 que les gendarmes sont alertés d’un véhicule effectuant des embardées sur la D13, à Noidans-lès-Vesoul, commune de Haute-Saône proche de l’usine Stellantis. Les premières constatations confirment une trajectoire erratique, laissant craindre une perte de contrôle imminente.

Un vendredi matin sous haute tension à Noidans-lès-Vesoul
Image d’illustration © TOPTENPLAY

La collision survient quelques instants plus tard. La voiture conduite par Antoine Villedieu percute un autre véhicule circulant devant lui à l’entrée d’un rond-point. Le procureur de la République de Vesoul, Arnaud Grécourt, confirmera que la collision a eu lieu après des embardées et à une vitesse « excessive au regard des circonstances ».

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La conductrice du véhicule percuté, une femme, n’est pas blessée mais se retrouve en état de choc. Les secours, rapidement dépêchés sur place, prennent en charge le député, lui aussi légèrement atteint. Il est transporté en urgence au centre hospitalier de Vesoul.

Refus de dépistage et enquête ouverte : ce que risque le député

À l’hôpital de Vesoul, les médecins établissent que l’état de santé du député est « incompatible avec une mesure de garde à vue ». Antoine Villedieu ne peut être ni placé en cellule ni auditionné dans l’immédiat. Le procureur Arnaud Grécourt précise qu’il « continue à bénéficier de soins » et n’a, à ce stade, toujours pas pu être entendu sur les faits.

Refus de dépistage et enquête ouverte : ce que risque le député
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Dans ce contexte, le refus opposé par l’élu aux gendarmes est particulièrement notable. Antoine Villedieu a refusé de se soumettre au dépistage d’alcool comme au dépistage de stupéfiants, rendant impossible toute mesure légale de son taux d’alcoolémie ou d’une éventuelle présence de substances dans son organisme. En droit français, ce refus est assimilé légalement à un aveu d’ivresse.

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Une enquête judiciaire a néanmoins été ouverte par le parquet de Vesoul et confiée à la division territoriale de la police judiciaire. Elle vise le député pour quatre infractions distinctes : conduite en état d’ivresse manifeste, refus de vérifications d’alcoolémie, refus de dépistage de stupéfiants, et vitesse excessive eu égard aux circonstances.

Les peines encourues sont significatives. La conduite sous l’emprise de l’alcool est passible en France de deux ans d’emprisonnement et de 4 500 euros d’amende, auxquels s’ajoutent une suspension du permis de conduire et d’éventuelles peines complémentaires. La cumulation des chefs de poursuite aggrave encore la situation judiciaire du député.

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C’est le nombre de chefs d’enquête retenus contre le député : ivresse manifeste, refus de vérification d’alcoolémie, refus de dépistage de stupéfiants et vitesse excessive.

Portrait : de la Seine-Saint-Denis aux bancs de l’Assemblée nationale

Antoine Villedieu, né en 1989, entame sa vie professionnelle dans la police nationale en tant que gardien de la paix. Affecté d’abord en Seine-Saint-Denis, l’un des secteurs les plus exigeants pour les forces de l’ordre, il rejoint par la suite le commissariat de Besançon. En parallèle, il se distingue sur les rings en pratiquant professionnellement la boxe anglaise et le MMA (mixed martial arts), discipline dont il décroche le titre de champion du monde.

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Portrait : de la Seine-Saint-Denis aux bancs de l'Assemblée nationale
Image d’illustration © TOPTENPLAY

En juin 2022, il se présente sous l’étiquette du Rassemblement national dans la 1re circonscription de Haute-Saône et s’impose au second tour avec 54,5 % des voix, battant la députée sortante LREM Barbara Bessot Ballot. En juillet 2024, lors des législatives anticipées consécutives à la dissolution de l’Assemblée nationale, il est réélu avec 53,52 % des suffrages, confirmant son enracinement local.

Son mandat n’est pas exempt de polémiques. En novembre 2025, le média d’investigation StreetPress révèle que son collaborateur parlementaire, Jean-Eudes Le Moulec, gère un compte Instagram néo-fasciste faisant l’apologie de la violence. Malgré la couverture médiatique de l’affaire, Antoine Villedieu choisit de maintenir son assistant en poste, une décision qui suscite des critiques au-delà des seuls rangs de l’opposition.

Immunité parlementaire : ce qu’elle couvre et ce qu’elle ne couvre pas

En France, l’immunité parlementaire protège les députés uniquement pour les actes accomplis dans l’exercice de leur mandat — votes, discours, rapports. Elle ne les met pas à l’abri de poursuites pénales pour des actes relevant de leur vie privée, comme un accident de la route. Antoine Villedieu peut donc être normalement mis en examen, jugé et condamné sans que son statut d’élu lui confère une protection juridique particulière.

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Janvier 2026 : le premier signal d’alarme

Le 11 janvier 2026, trois mois et demi avant l’accident, des policiers découvrent Antoine Villedieu allongé devant une pharmacie de Vesoul, une plaie à l’arrière du crâne. Selon des sources proches de l’enquête relayées par France 3, les agents le trouvent « dans un état second ».

Janvier 2026 : le premier signal d'alarme
Image d’illustration © TOPTENPLAY

La scène tourne rapidement à l’affrontement. L’élu, en garde à l’approche des policiers, doit être plaqué au sol et menotté avant que les secours puissent le prendre en charge, contre son gré. Dans les jours suivants, Antoine Villedieu minimise l’épisode, expliquant s’être blessé en tombant et imputant le malaise à un « surmenage professionnel ». Aucune suite judiciaire ne semble avoir été donnée à cet incident.

Quelques semaines plus tard, en février 2026, le Rassemblement national prend une décision remarquée : alors que Villedieu avait publiquement annoncé sa candidature aux élections municipales à Vesoul, le parti décide finalement de ne pas l’investir, sans fournir d’explication officielle.

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L’accident du 24 avril 2026 referme une boucle préoccupante. En moins de quatre mois, le même élu a fait l’objet de deux interventions des forces de l’ordre dans des circonstances troublantes, sans jamais avoir pu — ou voulu — être pleinement entendu par les autorités. La question de sa capacité à exercer sereinement ses fonctions parlementaires se pose désormais ouvertement.

L’affaire Villedieu illustre, une fois de plus, la difficulté pour les formations politiques à gérer les comportements problématiques de certains de leurs élus. Le Rassemblement national n’a, à ce stade, formulé aucune réaction publique concernant l’accident du 24 avril. L’enquête judiciaire ouverte par le parquet de Vesoul devra en premier lieu permettre l’audition du député, jusqu’ici empêchée par son état de santé. Au-delà de la procédure pénale, c’est la responsabilité d’un élu deux fois réélu avec plus de 50 % des voix dans sa circonscription qui sera scrutée dans les semaines à venir.

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