Alors que Sébastien Cauet communiquait sur une « victoire judiciaire » dans une affaire de chantage, une de ses cinq plaignantes a décidé de briser le silence. Surnommée Agathe pour préserver son anonymat, cette musicienne d’une cinquantaine d’années l’accuse de deux viols commis à son domicile en 2011. Ses avocats ont livré son témoignage au Parisien ce vendredi 8 mai.
En bref
- —Agathe, musicienne, accuse Cauet de deux viols en 2011
- —Cauet mis en examen depuis mai 2024, instruction en cours
- —Ses avocats dénoncent une confusion entre deux affaires distinctes
Une « victoire judiciaire » instrumentalisée, selon les avocats d’une plaignante
Le 5 mai 2026, devant la cour d’appel de Versailles, une femme de 42 ans a reconnu avoir envoyé des SMS réclamant 30 000 euros à Sébastien Cauet. Cette reconnaissance des faits est survenue au cours du procès en appel de sa condamnation initiale. L’avocate de l’animateur, Me Jade Dousselin, s’est aussitôt félicitée d’une « nouvelle victoire judiciaire ».

Mais les avocats d’Agathe, Me Baptiste Bellet et Me Anne Desriaux, ont tenu à rappeler une évidence juridique : cette affaire d’extorsion est « totalement distincte, sans aucun lien avec l’instruction judiciaire ouverte » à l’encontre de l’animateur. La personne mise en cause dans le dossier de chantage « n’apparaît nullement dans l’information judiciaire », précisent-ils.
Pour ces avocats, l’animateur d’Europe 2 entretient délibérément la confusion entre les deux procédures. « Se poser en victime dans l’une ne saurait occulter la réalité de l’autre », martèlent-ils. La décision de la cour d’appel de Versailles est attendue le 19 mai 2026.
Qu’est-ce qu’une mise en examen ?
En droit français, être mis en examen signifie qu’un juge d’instruction a réuni des indices graves et concordants laissant supposer qu’une personne a commis une infraction. Ce statut judiciaire n’est pas une condamnation : l’instruction peut durer plusieurs années avant qu’un procès soit éventuellement ordonné. Sébastien Cauet bénéficie de la présomption d’innocence.
Une musicienne « dévastée » qui ne supporte plus la réhabilitation de l’animateur
Agathe n’avait pas souhaité faire parler d’elle. « Elle déteste la médiatisation », indiquent ses avocats. C’est pourtant vers la justice qu’elle s’est tournée en premier lieu, « en soutien des jeunes femmes mineures » figurant au dossier, dont elle dit s’être reconnue dans les récits.

Ce qui l’a finalement poussée à autoriser une prise de parole publique, c’est la « réhabilitation médiatique et sociale » dont bénéficierait Cauet depuis les développements favorables dans le dossier de chantage. « Elle ne saurait effacer la réalité de sa mise en examen ni le traumatisme de celles qui en sont victimes », soulignent Me Bellet et Me Desriaux.
Les avocats décrivent leur cliente comme « dévastée » par les agressions présumées dont elle affirme avoir été victime. « Elle ne supporte pas de l’entendre dire qu’il pleure sur l’épaule de sa femme », déclarent-ils, résumant avec force le sentiment de celle qui parle désormais en soutien aux autres plaignantes.


