Le liquide est ensuite chauffé à près de 150 degrés, température qui accélère considérablement le processus naturel de décomposition. Contrairement à la crémation classique qui réduit le corps par les flammes à plus de 800 degrés, l’aquamation reproduit ce que ferait la terre en plusieurs années, mais en quelques heures seulement. Il ne subsiste alors que les os, soigneusement rincés et séchés.
La dernière étape fait intervenir un appareil nommé crémulateur, identique à celui utilisé dans les crématoriums traditionnels. Cet équipement réduit les ossements en une poudre fine, similaire aux cendres que les familles peuvent récupérer après une crémation par le feu. Le résultat final demeure donc identique pour les proches, seul le processus diffère.
Cette transformation contrôlée génère toutefois un liquide résiduel stérile, composé d’acides aminés, de peptides et de sucres. C’est précisément la gestion de ces effluents qui nécessite la collaboration avec Scottish Water et justifie les infrastructures spécifiques en cours d’installation.

L’Argument Écologique Qui Séduit : 7 Fois Moins De CO₂
Cette gestion des effluents, aussi complexe soit-elle, ne doit pas occulter l’argument massue de l’aquamation : son empreinte carbone drastiquement réduite. Une crémation classique génère en moyenne 320 kg de dioxyde de carbone, soit l’équivalent d’un trajet en voiture de plus de 1 600 kilomètres. L’aquamation divise ce chiffre par sept, réduisant les émissions à environ 45 kg de CO₂.
C’est précisément cette performance environnementale qui a convaincu la ministre écossaise de la Santé publique, Jenni Minto, de qualifier le procédé d’« alternative respectueuse de l’environnement ». Au-delà des chiffres bruts, l’aquamation consomme également moins d’énergie que les fours crématoires traditionnels, qui doivent atteindre des températures supérieures à 800 degrés pendant plusieurs heures.
La dimension écologique résonne particulièrement auprès d’une population de plus en plus sensible à son impact posthume. Face aux préoccupations climatiques actuelles, le choix des obsèques devient un dernier acte cohérent avec des valeurs environnementales portées toute une vie. L’inhumation elle-même, longtemps perçue comme naturelle, pose désormais question avec l’utilisation de cercueils traités et de produits d’embaumement chimiques qui contaminent les sols.
Cette révolution verte des pratiques funéraires ne se limite donc pas à une simple innovation technique. Elle répond à une demande croissante de cohérence entre convictions écologiques et rituels post-mortem, transformant progressivement la manière dont les sociétés occidentales envisagent leurs derniers adieux.

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