Jordan Bardella a déclaré vouloir réduire de moitié la contribution de la France au budget de l’Union européenne, selon un entretien à Politico cité par 20 Minutes lundi 15 juin 2026. Le président du Rassemblement national lie cette promesse aux discussions sur le prochain budget pluriannuel européen, prévu pour la période 2028-2034.
En bref
- —Bardella vise une contribution divisée par deux
- —Il évoque 12 à 15 milliards d’euros
- —Le budget 2028-2034 est en discussion
Bardella vise une contribution réduite de moitié
Jordan Bardella veut faire de la contribution française au budget de l’Union européenne un sujet de négociation directe avec Bruxelles. « Au lieu de voter une contribution au budget de l’Union européenne à 12 ou 15 milliards (d’euros), eh bien, elle sera réduite de moitié », a-t-il déclaré à Politico, selon 20 Minutes.

Le président du Rassemblement national juge cette contribution nette « excessive », d’après l’article source. Il présente donc cette baisse comme une mesure de finances publiques, à un moment où le débat sur les dépenses de l’État et les impôts reste politiquement sensible en France.
L’article ne détaille pas le mécanisme précis qui permettrait d’obtenir une telle réduction. Jordan Bardella indique toutefois qu’il irait négocier avec la Commission européenne.
La Commission européenne sommée de réduire ses dépenses
Jordan Bardella affirme vouloir demander à la Commission européenne de réduire certains postes budgétaires. « Nous demanderons à la Commission européenne de réduire, par exemple, ses dépenses de fonctionnement », a-t-il déclaré, selon 20 Minutes.

Cette formulation cible le fonctionnement des institutions européennes, sans que l’article ne précise les lignes de dépenses concernées. Le propos s’inscrit dans la critique récurrente du RN contre une Union européenne jugée trop coûteuse et trop bureaucratique.
Le cadre juridique européen limite toutefois la portée d’une décision nationale isolée. D’après l’article 312 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, le cadre financier pluriannuel est adopté par le Conseil à l’unanimité, après approbation du Parlement européen.
Ce que prévoit le cadre européen
Le budget pluriannuel de l’Union européenne fixe des plafonds de dépenses sur plusieurs années. D’après le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, il doit être adopté à l’unanimité par le Conseil, après approbation du Parlement européen.
Le budget européen 2028-2034 cristallise le calendrier
La déclaration de Jordan Bardella intervient alors que le budget pluriannuel de l’Union européenne pour 2028-2034 est en discussion. Selon 20 Minutes, Bruxelles espère parvenir à un accord d’ici fin 2026.

Ce calendrier est politiquement sensible en France, car il précéderait de quelques mois l’élection présidentielle de 2027. « L’idée est évidemment de verrouiller le budget avant potentiellement un changement de majorité en France. Et l’Union Européenne poursuit sa politique et sa philosophie profondément antidémocratique », a dénoncé Jordan Bardella.
Le Conseil de l’Union européenne présente le budget pluriannuel comme le cadre qui fixe les plafonds de dépenses de l’UE sur plusieurs années. La négociation porte donc sur les priorités de dépenses, mais aussi sur la contribution attendue des États membres.
Le RN abandonne le Frexit mais garde une ligne de rupture
Selon 20 Minutes, le Rassemblement national a abandonné depuis plusieurs années son projet de Frexit. Jordan Bardella revendique désormais une stratégie consistant à « tout changer sans rien détruire », formule citée par l’article.

Le président du RN continue néanmoins de tenir un discours frontal contre les institutions européennes. Il dénonce une Union européenne qui se considérerait « au-dessus des peuples » et la qualifie de « totalement obsolète », notamment sur les sujets de défense.
L’article précise aussi que Jordan Bardella pourrait être candidat à l’élection présidentielle si Marine Le Pen était empêchée par la justice de se présenter. À ce stade, la source ne donne pas d’annonce de candidature formelle.
Les prochaines échéances se joueront à Bruxelles, avec les discussions sur le cadre financier 2028-2034 et l’objectif d’un accord d’ici fin 2026 cité par 20 Minutes. Les questions ouvertes portent sur la méthode que défendrait le RN pour obtenir une baisse de la contribution française, les postes budgétaires qu’il viserait précisément et les marges de négociation possibles avec les autres États membres.


