Bernadette Chirac s’est éteinte le vendredi 5 juin 2026 à l’âge de 93 ans, comme l’a annoncé sa fille Claude Chirac à l’AFP le lendemain. Elle disparaît sept ans après son mari, l’ancien président de la République Jacques Chirac, laissant derrière elle le souvenir d’une femme publique hors du commun.
En bref
- —Décédée le 5 juin 2026 à 93 ans
- —Sa fille Claude : morte « paisiblement, entourée des siens »
- —Seule première dame à avoir exercé un mandat en son nom
Une disparition paisible, annoncée par sa fille Claude
C’est Claude Chirac, fille cadette de Bernadette, qui a informé l’Agence France-Presse de la disparition de sa mère, le samedi 6 juin 2026, au lendemain du décès. Elle a précisé que Bernadette Chirac « s’est éteinte dans la soirée, paisiblement, entourée des siens ».

Bernadette Chirac venait tout juste de fêter ses 93 ans le 18 mai dernier. Depuis plusieurs années, son état de santé s’était progressivement fragilisé, la contraignant à se déplacer en fauteuil roulant. Trop affaiblie, elle n’avait pas pu assister aux obsèques de son mari Jacques Chirac en septembre 2019.
Soixante ans de vie commune avec Jacques Chirac
Bernadette et Jacques Chirac se sont rencontrés pour la première fois en 1951 sur les bancs de Sciences Po. Leur histoire d’amour n’a pas été un long fleuve tranquille : Jacques Chirac s’était fiancé avec une Américaine, Florence Herlily, lors d’un séjour aux États-Unis, avant de revenir en France et de demander la main de Bernadette en 1953.

Le couple s’est marié le 16 mars 1956 et a eu deux filles : Laurence et Claude. L’aînée, Laurence, est décédée en 2016 à l’âge de 58 ans, après un long combat contre l’anorexie mentale, deuil que Bernadette Chirac a dû traverser de son vivant.
Malgré les nombreuses rumeurs d’infidélités qui ont émaillé leur vie commune, Bernadette Chirac a choisi de rester aux côtés de son époux. « Au début, ça a été dur et puis je m’y suis faite. Je me suis dit que c’était la règle et qu’il fallait la subir avec autant de dignité que possible », confiait-elle en 2016 dans le documentaire Bernadette Chirac, mémoire d’une femme libre.
Qui était Bernadette Chirac ?
Née le 18 mai 1933, Bernadette Chirac a été la première dame de France de 1995 à 2007, aux côtés de son mari Jacques Chirac, président de la République. Bien au-delà de ce rôle, elle s’est distinguée comme femme politique à part entière, élue en Corrèze pendant plus de trois décennies. Elle est la dernière survivante du couple présidentiel Chirac, Jacques étant décédé en septembre 2019.
Une première dame qui fut aussi femme politique
Bernadette Chirac est la seule première dame de la Ve République à avoir exercé un mandat politique en son nom propre. Elle s’est fait élire conseillère municipale de Sarran, en Corrèze, dès 1971, bien avant que son mari n’accède à la présidence.

En 1979, elle est devenue conseillère générale de Corrèze, mandat qu’elle a exercé sans interruption jusqu’en 2015, soit pendant trente-six ans. Cette longévité politique en Corrèze, département ancré dans l’histoire de la famille Chirac, témoigne d’un engagement personnel qui dépassait largement le rôle d’épouse de chef d’État.
Le 17 mai 1995, la vie du couple a basculé avec l’élection de Jacques Chirac à la présidence de la République. Bernadette l’accompagnait lors de ses déplacements officiels, assumant pleinement son rôle de première dame tout en conservant son identité politique propre.
Un retrait progressif de la vie publique
Après la mort de Jacques Chirac en septembre 2019, Bernadette Chirac, déjà très affaiblie, n’avait pas été en mesure d’assister aux obsèques de son époux. Sa santé déclinante l’avait conduite à se retirer définitivement de toute vie publique.

Ces dernières années, elle ne se déplaçait plus qu’en fauteuil roulant, décrite par ses proches comme trop « meurtrie » pour apparaître en public. Sa retraite loin des projecteurs contrastait avec des décennies passées sous les feux de l’actualité politique française.
Elle laisse derrière elle une image forte : celle d’une femme qui a traversé les épreuves — deuils, infidélités, maladie — avec une constance remarquée, et dont l’engagement en Corrèze reste une page singulière de l’histoire politique de la Ve République.
Avec la disparition de Bernadette Chirac, la France perd l’une des figures les plus emblématiques de la Ve République. Femme de caractère, elle aura marqué l’histoire autant par son rôle de première dame que par son engagement politique personnel en Corrèze. Sa fille Claude a tenu à souligner qu’elle est partie « paisiblement, entourée des siens » — une fin à l’image d’une vie traversée avec, selon ses propres mots, le souci constant de la dignité.


