La préfecture de Gironde a communiqué régulièrement tout au long de l’épisode, soulignant le caractère purement préventif des mesures. « C’est un climat qui nous conduit à la plus grande prudence », a-t-elle indiqué, en référence explicite au contexte sanitaire international. Le paquebot devait reprendre sa route vers le port de Ferrol, dans le nord de l’Espagne, la décision finale appartenant à la compagnie Ambassador Cruise Line.
Le virus Andes, un hantavirus hors du commun
Contrairement aux autres hantavirus, généralement transmis à l’humain par contact avec des rongeurs infectés, le virus Andes est le seul de sa famille connu pour se transmettre d’humain à humain — potentiellement par voie aérienne lors de contacts étroits et prolongés. Il est endémique dans certaines régions d’Amérique du Sud, notamment en Patagonie, et provoque une fièvre hémorragique à hantavirus dont le taux de létalité peut dépasser 30 % sans prise en charge adaptée. L’épidémie identifiée sur le MV Hondius en avril 2026 constitue, à ce jour, le premier épisode documenté de transmission du virus Andes à bord d’un navire de croisière en dehors de son aire d’endémie habituelle.
Le spectre du MV Hondius : pourquoi les autorités ont réagi avec une telle prudence
Pour comprendre la réactivité immédiate des autorités françaises, il faut replacer cet incident dans son contexte. Depuis fin avril 2026, le navire de croisière MV Hondius est au cœur d’une épidémie d’hantavirus de type Andes qui inquiète les institutions sanitaires mondiales. Ce bateau avait quitté Ushuaia, en Argentine, le 1er avril pour une croisière vers le Cap-Vert quand les premiers cas ont été identifiés.

Au 12 mai 2026, l’épidémie du Hondius comptait neuf cas confirmés et trois décès, avec des patients rapatriés en Afrique du Sud, en Espagne, en France, en Suisse et aux Pays-Bas. Le CDC américain avait déclenché une alerte sanitaire de niveau 3. La particularité du virus Andes, qui le distingue de tous les autres hantavirus, est d’être le seul connu pour se transmettre d’humain à humain — potentiellement par voie aérienne lors de contacts étroits et prolongés.
C’est donc dans ce contexte de sensibilité extrême que l’alerte sur l’Ambition est survenue. La préfecture de Gironde a tenu à préciser qu’il n’existait aucun lien épidémiologique entre les deux navires. Néanmoins, toute mortalité et tout épisode fiévreux ou digestif à bord d’un paquebot faisait, dans ce climat, l’objet d’une vigilance décuplée. L’Organisation mondiale de la santé avait de son côté estimé que le risque d’épidémie généralisée restait faible, le virus Andes n’ayant jusqu’ici provoqué des transmissions qu’en contexte de contact très étroit.
Navires de croisière : des espaces clos structurellement exposés aux épidémies
L’épisode de l’Ambition n’est pas isolé. Les navires de croisière sont des environnements reconnus par les épidémiologistes comme particulièrement propices à la propagation rapide des gastro-entérites virales. La promiscuité entre passagers, la fréquentation de buffets et d’espaces communs partagés, ainsi que le renouvellement limité de l’air dans les espaces fermés créent des conditions favorables à la transmission.

Des protocoles sanitaires stricts encadrent pourtant ces situations : obligation de déclaration des cas au médecin de bord, isolement immédiat des passagers symptomatiques, traitement spécifique des déchets, et signalement aux autorités du port d’escale suivant. Leur efficacité repose cependant sur la rapidité du signalement initial et sur la coopération des passagers, deux variables difficiles à maîtriser en milieu festif.

