Dans un entretien accordé au podcast Bangerz le 24 avril 2026, Laurence Boccolini s’est confiée comme rarement sur les violences conjugales qu’elle a subies de la part de son ex-mari. L’animatrice, d’habitude discrète sur sa vie privée, a décrit avec précision les mécanismes de manipulation et d’emprise qui ont marqué des années de sa vie. Un témoignage courageux, qui résonne bien au-delà de sa seule trajectoire personnelle.
En bref
- —Son ex-mari, thérapeute, utilisait ses connaissances pour la manipuler
- —Violences psychologiques et physiques pendant plusieurs années
- —Reconstruction longue : « Ça m’a détruite entièrement »
Un témoignage rare sur le podcast Bangerz
C’est dans un cadre inattendu que Laurence Boccolini a choisi de lever le voile sur ce chapitre douloureux de sa vie. Le 24 avril 2026, l’animatrice phare du Maillon Faible était l’invitée du podcast Bangerz, animé par Déborah Grunwald. Face au micro, elle a rompu une discrétion qu’elle s’était longtemps imposée sur sa vie privée.

Le sujet n’était pas totalement inédit — elle l’avait brièvement effleuré dans son autobiographie Showtime, souvenirs du chaos — mais c’est la première fois qu’elle entre dans ce niveau de précision et de détail. Un choix délibéré, qui témoigne d’une libération de la parole pleinement assumée.
Un thérapeute qui retournait son savoir contre elle
Sans révéler l’identité de l’homme, Laurence Boccolini le décrit avec des mots mesurés mais dévastateurs : « J’ai été mariée à un homme très violent psychologiquement. Très jaloux de ma réussite, très profiteur, très malin et thérapeute. » Cette dernière précision n’est pas anodine.

Parce qu’il était thérapeute de profession, son ex-mari disposait d’une connaissance fine des mécanismes psychologiques — qu’il a retournés contre elle. La technique la plus destructrice : l’inversion de la responsabilité. Il lui faisait croire qu’elle était à l’origine de ses propres violences : « Tu te dis que tu as fait quelque chose, parce que l’autre est tellement malin ! C’est de la manipulation car il dit : ‘Regarde dans quel état tu m’as mis pour que j’en arrive à ça’. »
Cette forme d’abus, souvent désignée par le terme de gaslighting, consiste à faire douter la victime de sa propre perception de la réalité. Elle est d’autant plus redoutable lorsqu’elle est pratiquée par quelqu’un qui en maîtrise les ressorts théoriques, et sait précisément où cibler les fragilités de l’autre.
Des années sous emprise : « Ça m’a détruite entièrement »
Laurence Boccolini ne minimise pas l’impact de ces années sous emprise : « Ça m’a détruite entièrement. J’ai mis des années à me remettre debout. » Une reconstruction longue, invisible de l’extérieur, qui illustre la spécificité des violences psychologiques : elles ne laissent pas de traces apparentes, mais leurs cicatrices sont profondes.

Car les violences n’étaient pas uniquement psychologiques. L’animatrice évoque aussi des gifles subies, et décrit avec précision la confusion qui s’en suit : « Ton cerveau, la première fois où tu prends une gifle, il ne fait pas la connexion » entre la douleur, la stupeur, et la personne qui prétend pourtant vous aimer. Cette dissociation est un mécanisme bien documenté chez les victimes de violences conjugales.
L’homme se montrait par ailleurs violent envers ses propres enfants, nés de relations précédentes — un élément supplémentaire qui illustre la dangerosité du personnage, bien au-delà du seul cadre conjugal.
Violences psychologiques : une réalité longtemps niée
Les violences psychologiques au sein du couple sont longtemps restées dans l’angle mort du droit et de la société. Contrairement aux violences physiques, elles ne laissent pas de traces visibles, ce qui rend la parole des victimes difficile à entendre — et la sortie de l’emprise d’autant plus longue. Des professionnels de la santé ou de la relation d’aide peuvent eux aussi être auteurs de tels agissements, leur expertise leur permettant de mieux cibler les fragilités de leur victime.
Le déclic de la rupture et la reconstruction
C’est la découverte d’une infidélité qui a finalement provoqué le déclic. Laurence Boccolini raconte la scène avec une pointe d’humour distancié : alors que son mari se trouve chez une de ses maîtresses, elle retrouve le numéro de cette femme et lui laisse un message sans équivoque. « Je suis la femme de monsieur machin. La voiture avec laquelle il est chez vous est la mienne, donc il n’en a pas. La maison dans laquelle il vit est la mienne, donc il n’en a pas. »

Ses affaires sont déposées dans la cour. Il viendra les récupérer à 5h du matin. Cette rupture nette, menée depuis une position de force — c’est elle qui possède les biens — contraste saisissamment avec les années d’emprise qui l’ont précédée. Une façon, peut-être, de reprendre définitivement le contrôle.
Aujourd’hui âgée de 62 ans et mère de sa fille Willow, Laurence Boccolini a entièrement reconstruit sa vie. Elle transmet à sa fille un message limpide : « S’il lève la main sur toi, ce n’est pas de l’amour. » Une phrase simple, directe, qui condense des années de reconstruction personnelle.
Le témoignage de Laurence Boccolini s’inscrit dans un mouvement plus large de libération de la parole autour des violences conjugales. En décrivant avec précision les mécanismes de manipulation qui l’ont maintenue sous emprise, elle offre aux victimes un miroir dans lequel se reconnaître — et aux témoins extérieurs, des clés pour mieux comprendre ce qu’ils observent sans toujours pouvoir le nommer. Car c’est souvent la mise en mots publique de ces expériences qui permet à d’autres, dans l’ombre, d’oser faire de même.



