📌 Chocolat et shiitaké : la recette audacieuse de Charles Coulombeau qui réinvente la pâtisserie
Posted 9 février 2026 by: Admin

Les Bases Chocolatées : Deux Textures Complémentaires
La construction de ce dessert repose sur un principe technique précis : opposer deux expressions du chocolat pour créer un dialogue de textures. D’un côté, une mousse au chocolat travaillée à partir de 200g de lait, 140g de crème liquide et 50g de miel, enrichie de 36g de chocolat noir type Guanaja et 7g de chocolat au lait. Cette base onctueuse intègre 30g de jaunes d’œufs montés avec 50g de sucre, garantissant une tenue aérienne.
De l’autre, un sorbet au chocolat intense concentre l’amertume sur une base minimaliste : 60g d’eau, 10g de sucre, une touche de miel et glucose, 3g de cacao en poudre et 20g de chocolat noir. Le contraste s’affirme dans les proportions : là où la mousse dilue le chocolat dans des matières grasses pour adoucir, le sorbet le concentre dans l’eau glacée pour exacerber son caractère.
Cette dualité n’est pas qu’une question de température. Elle établit les fondations d’un dessert où chaque bouchée alterne entre la rondeur lactée et la vivacité glacée, préparant le palais à des associations plus surprenantes. Charles Coulombeau orchestre ainsi une progression : d’abord l’évidence chocolatée, ensuite l’inattendu.

L’Association Audacieuse : Sarrasin Et Champignon Au Service Du Chocolat
L’inattendu surgit avec la sauce sarrasin-shiitaké, rupture franche dans l’univers sucré. Charles Coulombeau associe 8g de sarrasin torréfié et 2g de shiitakés séchés dans 30g d’eau, ajoutant 7g de crème liquide, 3g de beurre et une cuillère de sirop d’érable. L’apport de sauce soja et d’une pincée de sel transforme cette préparation en vecteur d’umami, cette cinquième saveur qui amplifie la profondeur du chocolat sans l’adoucir.
Cette sauce ne joue pas la carte de l’exotisme gratuit. Elle exploite la parenté gustative entre le cacao torréfié et le sarrasin grillé, tandis que le shiitaké apporte des notes boisées qui résonnent avec l’amertume du chocolat noir. Le sirop d’érable adoucit sans sucrer, la sauce soja rehausse sans saler ouvertement.
Le sarrasin revient sous une seconde forme : un croustillant où 20g de grains sont enrobés de sirop d’érable et saupoudrés de cacao en poudre. Cette préparation sèche contraste avec la sauce fluide, créant un jeu de textures croquantes qui ancre le dessert dans une dimension presque salée.
Cette audace révèle la signature de Coulombeau : détourner des ingrédients de la cuisine japonaise pour enrichir la pâtisserie française, sans pastiche. Le champignon et le sarrasin ne décorent pas, ils structurent. La noix viendra compléter cet équilibre entre douceur et caractère.

La Dimension Noix : Du Parfait Aux Caramélisations
La noix prolonge cette architecture gustative en quatre déclinaisons techniques. Le parfait aux noix combine 60g de jaunes d’œufs avec 30g de sucre, 200g de crème liquide et trois feuilles de gélatine, le tout enrichi d’une cuillère de praliné. Cette base onctueuse offre une texture semi-glacée qui contraste avec le sorbet au chocolat, tout en créant un pont aromatique vers le brownie.
La sauce noix amplifie cette présence : une poignée de cerneaux torréfiés mixés avec deux cuillères de crème liquide, une cuillère de cassonade, une noisette de beurre et une cuillère de miel. Quelques gouttes de sauce soja et une pincée de fleur de sel reproduisent l’équilibre salé-sucré déjà exploré avec le shiitaké. Cette sauce nappe sans alourdir, renforce sans masquer.
Les noix caramélisées apportent le craquant : 9g de cerneaux entiers glacés dans un sirop de 9g de sucre et 18g d’eau, puis relevés à la fleur de sel. Cette technique classique de confiserie crée des éclats dorés qui ponctuent le dressage.
Enfin, 80g de noix concassées s’intègrent au brownie fondant, où 90g de chocolat noir fusionnent avec 110g de beurre, six œufs et 270g de farine. L’ajout de 50g de poudre de pain allège la mie sans sacrifier le moelleux. Cette quadruple présence de la noix tisse une cohérence aromatique qui unifie mousse, parfait, sauce et gâteau. Les finitions viendront sceller cette composition.

Les Finitions De Chef : Sauces Et Éléments Décoratifs
Les éléments de finition transforment cette composition technique en dessert spectaculaire. La sauce chocolat brillante équilibre 20g de crème liquide et 20g de lait avec 30g de chocolat noir et 10g de chocolat au lait, le tout relevé d’une pincée de fleur de sel. Cette émulsion laquée nappe sans figer, apportant un éclat visuel qui contraste avec la matité du cacao en poudre du brownie.
Le papier chocolat pousse la technicité à son paroxysme : 10g de sucre glace tamisé, 5g de farine et une cuillère de cacao en poudre forment une pâte ultra-fine avec une cuillère de lait et une cuillère de beurre fondu. Étalée au micron près puis séchée, cette dentelle croustillante se dresse en voile aérien. Sa fragilité extrême exige une manipulation délicate mais récompense par un effet architectural saisissant.
L’assemblage du brownie fondant clôture la préparation : six œufs battus avec 110g de sucre, 110g de beurre fondu et 90g de chocolat noir, puis liés par 270g de farine et 50g de poudre de pain. Les 80g de noix concassées s’y dispersent pour créer des poches croquantes dans une mie coulante. Cuit à cœur moelleux, ce gâteau forme le socle terrestre du dessert.
Ces finitions exigent 2h30 de manipulation active et 12h de repos pour les textures glacées. Pour dix convives, Charles Coulombeau orchestre mousse, sorbet, parfait, sauces, croustillants et brownie dans une partition où chaque élément dialogue sans jamais se fondre. Le dressage final révélera cette architecture gustative où chocolat, noix, sarrasin et shiitaké composent une expérience gastronomique qui défie les conventions du dessert traditionnel.










