
Peola Puerari a réagi sans attendre: « Aujourd’hui, on dit un féminicide, on ne dit pas un crime passionnel. » Face à la désinvolture initiale de son interlocuteur — « Oui, appelons ça… on peut appeler ça un féminicide… » —, elle a maintenu sa position: « Les mots comptent. La société évolue et on passe de crime passionnel à féminicide. »
L’ancien animateur a tenté de se justifier par son âge et les usages de sa génération: « J’appelle ça crime passionnel parce que je suis un vieux monsieur, nous, on appelait ça crime passionnel à l’époque. Et dans passionnel, il y a passion. C’est important. » Il a également lancé: « Il y a des femmes qui tuent des hommes aussi, ça s’appelle un hominicide? Je ne sais pas… »
Pourquoi le mot « passionnel » pose problème dans les violences conjugales
Employer le terme « passionnel » pour qualifier un meurtre de femme revient à atténuer la violence du geste, comme s’il s’agissait d’une conséquence d’amour ou d’émotion incontrôlable. Ce vocabulaire contribue à banaliser les violences conjugales en leur conférant une dimension qui minimise la responsabilité de l’auteur.

Le terme « féminicide », rappelé par Peola Puerari, est plus factuel: il désigne spécifiquement le meurtre d’une femme en raison de son genre, sans ambiguïté sur la nature du crime. C’est précisément pour cette raison que son usage s’est imposé dans le débat public et dans les communications officielles.
La journaliste a conclu l’échange en rappelant un chiffre: 123 femmes avaient été tuées par leur compagnon ou ex-compagnon l’année précédente. Patrick Sébastien a acquiescé, ajoutant: « C’est évident. Et d’ailleurs, ce qui m’embête c’est que tout le combat des féministes ne fait pas baisser le nombre. Ça serait bien si le nombre baissait, je ne sais pas quelles sont les mesures à prendre… »
Un dérapage qui relance le débat sur la parole publique et les féminicides
L’échange a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, où la formule « crime passionnel banal » a suscité de nombreuses réactions. La séquence illustre la persistance, y compris dans des espaces médiatiques, d’un vocabulaire que les associations et les pouvoirs publics cherchent depuis des années à faire évoluer.
Articles suggérés
Retraite chauffeur-routier : 1 187 € par mois en moyenne, et un départ possible à 59 ans
Un chauffeur-routier salarié perçoit en moyenne 1 187 euros par mois de pension de retraite, selon Pleine Vie. Mais un dispositif méconnu, le Congé…

