
Les résultats, rapportés par Santé Magazine, sont nets : parmi les grands amateurs de ces fromages à plus de 20 % de matières grasses, 10 % ont développé une démence, contre 13 % chez ceux qui en consomment peu. Le risque de démence vasculaire y est inférieur de 29 %.
La chercheuse Emily Sonestedt résume le renversement que représentent ces données : «Pendant des décennies, le débat sur les régimes riches en graisses par rapport aux régimes pauvres en graisses a façonné les conseils de santé, allant même jusqu’à classer le fromage parmi les aliments malsains à limiter. Notre étude a révélé que certains produits laitiers riches en matières grasses pourraient en fait réduire le risque de démence, remettant en question certaines idées reçues sur les matières grasses et la santé cérébrale.»
Les chercheurs relèvent également un risque un peu plus faible de maladie d’Alzheimer, mais avec une réserve importante : cet effet ne s’observe que chez les personnes qui ne portent pas la variante génétique APOE E4, connue pour augmenter la susceptibilité à la maladie.
Vitamine K2, peptides bioactifs : pourquoi ces fromages agissent différemment des allégés
Un résultat de l’étude suédoise mérite d’être souligné : aucun effet protecteur n’a été retrouvé pour les fromages allégés, le lait, la crème légère, le yaourt, le kéfir ou le beurre. La protection semble donc spécifique aux fromages gras et affinés, et non aux produits laitiers en général.

L’explication avancée par les chercheurs tient à la composition particulière de ces fromages. La vitamine K2, présente en quantité significative dans les fromages à pâte dure et mi-dure affinés, joue un rôle dans la santé vasculaire cérébrale. Les peptides bioactifs libérés lors de l’affinage auraient, quant à eux, des propriétés potentiellement neuroprotectrices, notamment au niveau de l’hippocampe.
Cette distinction entre fromages gras affinés et autres produits laitiers est centrale pour comprendre pourquoi des décennies de recommandations génériques — «limitez les graisses saturées» — n’ont pas capté cet effet. La matrice alimentaire du fromage affiné, sa fermentation et sa concentration en micronutriments spécifiques semblent produire des effets que les autres sources de graisses laitières ne reproduisent pas, selon les données disponibles.
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