
Le Poids De La Fonction : Chef D’État Et Chef Des Armées Face À La Mortalité
Cette familiarité philosophique avec la mort trouve son incarnation la plus concrète dans sa fonction de chef des armées. « J’y pense, bien sûr, de plus en plus, même, c’est physiologique », admet Emmanuel Macron avec une franchise rare. Mais il précise immédiatement : « Le rapport à la mort, ces dernières années, je l’ai surtout eu comme chef des armées ».
La dimension existentielle rejoint ici la responsabilité institutionnelle. Honorer les soldats tombés au front, décider d’engagements militaires, accompagner les familles endeuillées : autant d’actes qui confrontent le président à la mortalité d’autrui. Cette conscience diffère radicalement des menaces personnelles subies au Puy-en-Velay ou lors du centenaire de l’Armistice.
C’était précisément lors de cette cérémonie de novembre 2018, destinée à rendre hommage aux morts de la Première Guerre mondiale, qu’un groupe projetait de l’assassiner. L’ironie tragique de cette coïncidence n’échappe pas au président. Alors qu’il honorait le sacrifice ultime de millions de soldats, des individus planifiaient de transformer ce moment de recueillement en scène de meurtre.
Le président ne craint pas la mort pour lui-même, mais il porte le poids de ceux qui meurent sous son commandement. Cette double exposition – personnelle et institutionnelle – forge un rapport unique à la mortalité. La menace directe ne l’effraie plus, mais la responsabilité envers les vies confiées à ses décisions l’habite quotidiennement, transformant la conscience philosophique en fardeau concret du pouvoir.
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