📌 Féminicide présumé en Loire-Atlantique : Manon Relandeau disparue, sa fille retenue en Algérie
Posted 21 avril 2026 by: Admin
Depuis la fin mars 2026, Manon Relandeau, éleveuse de 31 ans installée à Saint-Étienne-de-Montluc en Loire-Atlantique, est portée disparue. Son compagnon, Karim Boukhari, 41 ans, a quitté la France le 2 avril à bord d’un vol Nantes-Alger, emportant avec lui leur fille Inaya, âgée de 15 mois. Le parquet de Nantes a ouvert une enquête pour meurtre par conjoint et enlèvement de mineure : les investigations convergent désormais vers l’hypothèse d’un homicide.
En bref
- —Éleveuse de 31 ans disparue à Saint-Étienne-de-Montluc fin mars
- —Son compagnon en fuite en Algérie avec leur bébé de 15 mois
- —Enquête pour meurtre ouverte, corps toujours introuvable
Manon Relandeau, une éleveuse passionnée « qui n’aurait jamais abandonné ses chevaux »
Originaire de Chantonnay, en Vendée, Manon Relandeau avait choisi de s’installer il y a trois ans à Saint-Étienne-de-Montluc, commune de Loire-Atlantique située à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Nantes. Agricultrice passionnée, elle y gérait une pension équestre et élevait des vaches de race Nantaise, en lisière de la commune.

Ceux qui la connaissaient insistent sur son attachement indéfectible à ses animaux. « Elle n’aurait jamais abandonné ses chevaux », confie un proche à nos confrères. Cette conviction a été l’un des premiers signaux d’alarme qui a conduit son entourage à s’inquiéter de son silence prolongé.
Le couple vivait depuis quelques mois dans un quartier pavillonnaire de la commune. « On les voyait entrer, sortir, mais on ne les connaissait pas vraiment, ils avaient emménagé il y a quelques mois seulement », a témoigné une voisine retraitée auprès de l’AFP, soulignant l’isolement relatif dans lequel vivait la jeune femme.
Une fuite calculée, une alerte tardive : la chronologie d’un drame
La disparition de Manon Relandeau remonterait à la fin du mois de mars 2026. Ce n’est que le vendredi 3 avril, à la mi-journée, que des proches alertent enfin la gendarmerie, ne parvenant plus à la joindre depuis plusieurs jours. La fillette Inaya, 15 mois, est également introuvable.

Les enquêteurs établissent rapidement un fait capital : la veille du signalement, le 2 avril, le compagnon de la jeune femme avait pris un vol depuis l’aéroport de Nantes-Atlantique à destination de l’Algérie, emmenant avec lui la petite fille. Ce départ organisé la veille précise de l’alerte a immédiatement retenu l’attention des enquêteurs.
Décrit par l’entourage comme jaloux et contrôlant, Karim Boukhari a contacté « quelques personnes par téléphone » depuis son arrivée en Algérie, selon le parquet de Nantes, sans que davantage de précisions n’aient été communiquées. Le 7 avril, face aux éléments réunis, le procureur de la République Antoine Leroy saisit un juge d’instruction pour meurtre par conjoint et enlèvement de mineure.
Féminicides en France : un fléau persistant
En France, les violences conjugales mortelles font l’objet d’un suivi minutieux par les associations et les pouvoirs publics. L’affaire Manon Relandeau s’inscrirait, si le meurtre est confirmé, comme le trentième féminicide présumé recensé en France au mois d’avril 2026 selon le décompte de l’association Féminicides France. La qualification de meurtre par conjoint retenue par le parquet de Nantes constitue l’une des circonstances aggravantes les plus sévères prévues par le code pénal français.
Cent gendarmes, des plongeurs, des drones : un déploiement exceptionnel pour un corps introuvable
Depuis le début du mois d’avril, la gendarmerie a engagé des moyens rarement réunis pour une disparition en milieu rural. Environ cent personnels ont été mobilisés, dont une cinquantaine de gendarmes, deux équipes cynophiles, la brigade fluviale avec ses plongeurs, ainsi que des équipes aériennes opérant par hélicoptère et drone.

Une cellule nationale d’enquête composée de quinze investigateurs, dirigée par la section de recherches de Nantes, a été spécialement constituée pour piloter les investigations. Un tel dispositif témoigne du sérieux avec lequel les autorités traitent cette affaire.
Ce mardi 21 avril, des plongeurs étaient encore déployés dans les environs de Saint-Étienne-de-Montluc. Une rubalise jaune « zone interdite » barrait l’accès à la ferme gérée par la jeune femme ; un scellé avait été posé sur la porte du domicile du couple. À ce stade, le corps de Manon Relandeau n’a toujours pas été retrouvé.
L’Algérie, un refuge hors d’atteinte : le sort incertain de la petite Inaya
En s’envolant vers l’Algérie, Karim Boukhari a placé la justice française face à un obstacle juridique de taille : l’Algérie n’extrade pas ses ressortissants. Ce principe, inscrit dans le traité bilatéral franco-algérien de 2019, constitue un verrou quasi-infranchissable pour obtenir le retour du suspect sur le sol français.

Les chiffres illustrent concrètement cette asymétrie : entre 2014 et 2019, seulement huit extraditions ont été accordées par l’Algérie en direction de la France, contre trente dans le sens inverse. L’enquête se poursuit néanmoins via des commissions rogatoires internationales, dont l’efficacité demeure tributaire de la coopération des autorités algériennes.
Le sort d’Inaya, fillette de 15 mois de nationalité française, constitue l’une des inconnues les plus préoccupantes de cette affaire. Retenue en Algérie par son père, sa situation exacte — son lieu de vie, ses conditions, ses contacts éventuels avec la famille maternelle — reste inconnue, protégée par le secret de l’instruction.
À mesure que les jours passent sans que le corps de Manon Relandeau ne soit retrouvé, l’espoir d’une autre issue s’efface. Le parquet de Nantes ne laisse plus de place à l’ambiguïté : les investigations « convergent vers l’hypothèse d’un meurtre ». Derrière le drame humain, cette affaire expose deux réalités distinctes et préoccupantes : la persistance des violences conjugales féminicides en France, et les limites de la coopération judiciaire internationale lorsqu’un suspect trouve refuge dans un pays qui protège ses ressortissants de l’extradition. Le devenir d’Inaya, 15 mois, privée de sa mère et retenue à l’étranger, reste au cœur des préoccupations de la famille et des autorités.










