📌 Fessées et gifles interdites : la Cour de cassation met fin au « droit de correction » parental en France

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Posted 14 janvier 2026 by: Admin #Actualités

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La Cour De Cassation Met Fin Au « Droit De Correction » Parental

La plus haute juridiction française vient de clore un débat qui empoisonnait la justice depuis des décennies. Mercredi, la Cour de cassation a tranché : aucun « droit de correction » ne peut justifier des violences éducatives infligées par des parents à leurs enfants. Cette décision historique annule la relaxe prononcée en avril 2024 par la cour d’appel de Metz en faveur d’un père poursuivi pour violences répétées sur ses deux fils mineurs.

L’arrêt frappe par sa netteté. Il met définitivement fin à l’invocation d’un prétendu droit coutumier que certains magistrats continuaient de brandir, s’appuyant parfois sur des jurisprudences remontant à… 1819. La Cour de cassation balaie ces références archaïques d’un revers de main : ni la loi française, ni les textes internationaux, ni la jurisprudence contemporaine ne reconnaissent l’existence d’un tel droit. Le dossier est désormais renvoyé devant la cour d’appel de Nancy, qui devra rejuger l’affaire à l’aune de cette clarification juridique.

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Cette décision comble un flou persistant qui permettait à certaines juridictions d’interpréter librement le cadre légal. En réaffirmant l’interdiction absolue inscrite dans la loi « anti-fessée » de 2019, la Cour de cassation met fin aux tolérances locales et aux interprétations divergentes. Les associations de protection de l’enfance, indignées par la relaxe messine, saluent une remise à plat salutaire.

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L’Affaire Yves Milla : Un Parcours Judiciaire Contradictoire

Le cas qui a déclenché cette mise au point judiciaire illustre les contradictions du système. Yves Milla avait été condamné en première instance par le tribunal de Thionville en 2023 à 18 mois de prison avec sursis probatoire et au retrait de l’autorité parentale. Les faits reprochés, commis entre 2016 et 2022, étaient précis : fessées, gifles, insultes, tirage par le col sur ses deux fils mineurs.

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Un an plus tard, coup de théâtre. La cour d’appel de Metz relaxe purement et simplement le père de famille. Sa motivation ? L’existence d’un « droit de correction » parental autorisant les violences sous trois conditions : absence de dommage à l’enfant, proportionnalité au manquement commis, caractère non humiliant. Cette interprétation créative du droit a stupéfié les associations de protection de l’enfance, qui y ont vu un retour en arrière « invraisemblable ».

La décision messine établissait un précédent dangereux en suggérant qu’un parent pouvait légalement frapper son enfant tant que les coups restaient « mesurés ». Cette lecture contredisait frontalement l’esprit de la loi de 2019, qui avait inscrit dans le Code civil que l’autorité parentale s’exerçait « sans violences physiques ou psychologiques ». L’affaire révélait la persistance de conceptions éducatives archaïques au sein même de l’appareil judiciaire.

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La Loi « Anti-Fessée » De 2019 Réaffirmée Dans Son Intégralité

L’arrêt de la Cour de cassation met fin à une ambiguïté que d’aucuns exploitaient encore. Dans son communiqué, elle rappelle sans détour qu’aucun « droit de correction parental » n’existe dans la législation française, les textes internationaux ou sa jurisprudence moderne. Le raisonnement de la cour d’appel de Metz est ainsi censuré pour avoir invoqué un principe juridique fantôme.

À l’audience du 19 novembre, la rapporteure avait souligné un fait révélateur : les seuls arrêts consacrant ce prétendu droit remontaient à 1819. Près de deux siècles plus tard, certains magistrats continuaient pourtant à s’y référer, créant un flou jurisprudentiel que cette décision dissipe définitivement.

Me Patrice Spinosi, avocat de la famille Milla, salue une clarification salutaire : « La Cour de cassation remet l’église au milieu du village. C’est la fin de l’idée qu’il aurait existé à côté de la loi un droit coutumier de correction. » L’avocat insiste sur la portée du texte de 2019 : « La loi est claire et sans dérogation. Les prétendues « violences éducatives » n’existent pas dans notre droit. »

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Cette décision réaffirme ce que le Code civil stipule depuis 2019 : l’autorité parentale s’exerce « sans violences physiques ou psychologiques ». Aucune exception, aucune tolérance. La relaxe messine relevait, selon les mots de Me Spinosi, « d’un autre temps ». Reste à savoir si cette clarification juridique suffira à faire évoluer les pratiques parentales.

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La Réalité Des Pratiques : Des Chiffres En Hausse Malgré La Loi

Si le cadre juridique est désormais limpide, les pratiques parentales racontent une tout autre histoire. Le baromètre Ifop 2024 de la Fondation pour l’enfance révèle que 81 % des parents ont eu recours à au moins une violence éducative ordinaire dans la semaine précédant l’enquête, contre 79 % en 2023. Loin de reculer, ces comportements progressent.

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Les violences corporelles persistent avec une régularité troublante : près d’un quart des parents ont donné une fessée à leur enfant, 21 % l’ont bousculé, 16 % lui ont donné une gifle. Ces chiffres traduisent un décalage abyssal entre le droit et le quotidien familial, cinq ans après l’adoption de la loi.

Les perceptions évoluent de manière contrastée. Davantage de parents reconnaissent aujourd’hui qu’une gifle (68 %, +6 points) ou une bousculade (69 %, +7 points) constitue une violence. Paradoxalement, ils sont moins nombreux à considérer que crier après son enfant en est une (53 %, -7 points).

Plus révélateur encore : 60 % des parents perçoivent la loi de 2019 comme « une intrusion de l’État dans les affaires privées ». Cette défiance illustre la résistance culturelle face à une norme juridique pourtant sans ambiguïté. Entre l’autorité de la Cour de cassation et la réalité des foyers français, un fossé demeure, que les magistrats ne pourront combler seuls.

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