
C’est en découvrant ces photos troublantes que Caroline a commencé à se demander si elle aussi avait été une cible de son père. Cette révélation constitue le cœur de son livre, intitulé « Et j’ai cessé de t’appeler papa », dans lequel elle décrit le tourment qui l’a habitée après cette découverte.
Dominique Pélicot a admis avoir drogué sa femme pendant des années pour la faire violer par des dizaines d’hommes. L’affaire, jugée au tribunal d’Avignon, implique 50 hommes accusés d’avoir violé ou agressé sexuellement Gisèle Pélicot.
Des années de manipulation dissimulées derrière un père de famille
Le témoignage de Caroline Darian éclaire aussi les mécanismes de manipulation mis en place par Dominique Pélicot au fil des années. Il cachait les drogues utilisées pour endormir sa femme et avait accumulé des dettes astronomiques à son nom, à l’insu de toute la famille.

Les fréquentes absences de Gisèle et ses pertes de mémoire avaient profondément inquiété ses enfants. Ces derniers l’avaient même encouragée à consulter un neurologue, craignant qu’elle ne soit atteinte de la maladie d’Alzheimer. Leur père les rassurait alors, attribuant les symptômes au stress et à l’insomnie.
Caroline se souvient que sa mère avait une excellente mémoire dans ses échanges avec ses enfants, mais qu’après leur départ, elle devenait souvent injoignable. Les mensonges répétés de Dominique Pélicot ont longtemps masqué la réalité, renforçant rétrospectivement le sentiment de trahison éprouvé par sa fille.
La victime secondaire, figure invisible d’un traumatisme familial
Le cas de Caroline Darian illustre la situation douloureuse des victimes secondaires, celles qui souffrent dans l’ombre d’une narration collective qui les invisibilise. Alors que Gisèle Pélicot est devenue un symbole national, sa fille réclame à son tour d’être entendue et reconnue dans sa propre souffrance.
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