Le foyer de 2018 dans un village d’Argentine illustre ce potentiel dévastateur : après une fête en intérieur, 33 cas avaient été recensés et 11 personnes étaient décédées. Un taux de mortalité d’environ 33 %, soit près de quatre-vingts fois supérieur à celui du Covid-19 en population générale.
Qu’est-ce que le hantavirus ?
Les hantavirus forment une famille de virus transmis principalement par les rongeurs sauvages, connus depuis les années 1950 mais caractérisés scientifiquement dans les années 1990. Ils provoquent deux types de maladies graves : des fièvres hémorragiques avec atteinte rénale, plus fréquentes en Europe et en Asie, et le syndrome cardio-pulmonaire à hantavirus, présent surtout en Amérique. Le virus des Andes, isolé pour la première fois en 1995 en Patagonie, est le seul de la famille à démontrer une transmission interhumaine confirmée.
Pandémie ou non ? La position sans ambiguïté des autorités sanitaires
Sur ce point, les institutions internationales parlent d’une seule voix. L’OMS a déclaré que le risque de propagation à la population générale était « absolument faible » et que le foyer du MV Hondius « n’est pas le début d’une nouvelle pandémie de type Covid ». L’ECDC confirme de son côté que la probabilité de diffusion généralisée en Europe est très faible.

Les virologues partagent cette analyse. Contrairement au SARS-CoV-2, le virus des Andes « n’est pas très adapté à l’homme », ce qui freine mécaniquement sa diffusion interhumaine. Là où le Covid-19 pouvait infecter silencieusement des dizaines de personnes avant tout symptôme, le virus des Andes impose des contacts prolongés et se signale rapidement par des signes cliniques graves.
Les données historiques confirment ce tableau : depuis sa découverte en 1995, seulement une centaine de cas sont recensés chaque année en Argentine et au Chili, deux pays pourtant directement exposés. Ce niveau endémique bas témoigne d’un virus qui ne se propage pas facilement.
En Europe, il existe des souches locales de hantavirus, mais elles sont biologiquement distinctes du virus des Andes : moins agressives, elles provoquent des formes souvent moins graves et ne se transmettent pas de personne à personne.
Qui doit réellement s’inquiéter ? Les recommandations concrètes
Les personnes directement concernées par ce foyer sont les passagers et membres d’équipage du MV Hondius, ainsi que leurs proches avec lesquels ils ont eu des contacts prolongés depuis leur retour. Ces personnes font l’objet d’une surveillance sanitaire étroite coordonnée par les autorités compétentes.

Plus largement, sont également concernés les voyageurs ayant récemment séjourné dans des zones rurales d’Argentine, du Chili ou de Patagonie — régions où vivent les rongeurs réservoirs du virus. Pour eux, il est recommandé de consulter un médecin en cas de fièvre, de toux ou d’essoufflement survenant dans les six semaines suivant le retour.

