Arthur Caplan, bioéthicien à l’université de New York, juge « peu réaliste qu’un robot autonome surpasse en trois ans la diversité des spécialités et des situations humaines ». Derrière cette formule, une évidence : la médecine ne se résume pas à des gestes millimétrés. Elle convoque l’intuition face à une anatomie singulière, l’adaptation à l’imprévu, la décision en temps réel quand le protocole ne suffit plus. Autant de dimensions où la machine, aussi perfectionnée soit-elle, reste tributaire de ses algorithmes.
Le gouffre entre assistance téléopérée et autonomie chirurgicale complète mesure des décennies de recherche, non trois années de développement accéléré. Les experts de terrain tempèrent donc ce calendrier ultra-agressif, non par conservatisme, mais parce qu’ils savent ce que programmer une intervention exige de jugement humain. La promesse d’Optimus se fracasse pour l’instant contre cette complexité irréductible, celle qui fait d’un grand chirurgien bien plus qu’un exécutant de précision.
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