
Le chiffre donne une cible lisible à une promesse de maîtrise de la dépense publique. Il pose aussi une question immédiate : parle-t-on uniquement des fonctionnaires titulaires ou, plus largement, des agents publics ? Cette distinction est importante, car les règles d’emploi, de mobilité et de remplacement ne sont pas les mêmes.
La proposition arrive après l’entrée officielle de Gabriel Attal dans la course. Le Monde a rapporté que l’ancien premier ministre avait déclaré sa candidature le 22 mai 2026 à Mur-de-Barrez, dans l’Aveyron, en cherchant à installer une image moins parisienne et plus tournée vers les territoires.
Des départs volontaires, mais des modalités inconnues
La mention de départs volontaires change la nature politique de la proposition. Elle laisse entendre une réduction des effectifs sans licenciements directs, mais elle ne dit pas combien d’agents pourraient être concernés chaque année ni comment l’administration éviterait les départs dans des services déjà fragiles.

Concrètement, plusieurs leviers devraient être précisés pour évaluer la portée de la mesure : montant d’une éventuelle indemnisation, accompagnement vers le privé, passerelles internes, mobilité géographique ou accès à une formation. Sans ces éléments, le coût initial d’un plan de départs reste impossible à comparer aux économies espérées.
Autre inconnue : le lien avec les départs à la retraite. La proposition rapportée par 20 Minutes parle de volontariat, alors que les plans de réduction déjà débattus dans la fonction publique reposaient souvent sur le non-remplacement d’une partie des agents quittant naturellement leur poste.
Ce que recouvre la fonction publique
La fonction publique française regroupe l’État, les collectivités territoriales et les hôpitaux. Les débats publics utilisent souvent le mot « fonctionnaires » au sens large, alors que les statuts et les besoins de recrutement diffèrent fortement selon les métiers. Cette distinction sera centrale pour juger la faisabilité de la proposition.
La Cour des comptes avait chiffré 4,1 milliards d’euros
Le chiffre de 100.000 renvoie à un débat déjà documenté, même si la proposition d’Attal n’est pas identique. En octobre 2024, Le Monde rapportait qu’un rapport de la Cour des comptes, commandé par Gabriel Attal lorsqu’il était à Matignon, proposait de supprimer 100.000 postes dans les collectivités locales.

Dans ce rapport cité par Le Monde, les magistrats financiers écrivaient : « La trajectoire financière des collectivités dérape de plus en plus ». Leur scénario passait par un retour progressif des effectifs territoriaux à leur niveau du début des années 2010, pour une économie évaluée à 4,1 milliards d’euros par an à partir de 2030.

