
Mais la psychologue Hoi-Lam Jim, dont les travaux ont été publiés dans la revue Animal Cognition, a mis cette théorie à l’épreuve d’un protocole plus rigoureux. Sur 40 chiens confrontés à deux inconnus — l’un généreux, l’autre égoïste — aucune préférence nette pour la personne généreuse n’a été observée.
Une méta-analyse parue en 2025, corrigeant plusieurs biais expérimentaux présents dans les études antérieures, est venue confirmer cette remise en question : l’effet de réputation disparaît dans la majorité des cas. Le chien, selon l’état actuel des connaissances, ne classe pas les humains en « bons » ou en « mauvais ».
L’étude de Kyoto, point de départ du débat
C’est une expérience conduite en 2017 par l’Université de Kyoto qui a popularisé l’idée d’un « flair moral » canin. Des chiens y observaient une personne refuser ou accepter d’aider leur maître, puis réagissaient différemment aux avances alimentaires de cet individu. Longtemps citée comme preuve d’une évaluation sociale chez le chien, cette étude a depuis été relativisée par des protocoles plus rigoureux et une méta-analyse publiée en 2025.
Un odorat hors norme, orienté vers le danger — pas vers la morale
Pour comprendre ce que perçoit réellement un chien, il faut examiner son anatomie olfactive. Un chien possède entre 220 et 300 millions de récepteurs olfactifs, contre environ 6 millions chez l’humain. Son bulbe olfactif est proportionnellement jusqu’à 40 fois plus volumineux que le nôtre, et certaines équipes scientifiques estiment qu’il peut détecter des molécules diluées à 1 pour 1 000 milliards.
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