Un postier suisse, Jean-Daniel, a été licencié après 42 ans de service pour avoir continué à livrer des colis aux étages malgré les consignes de son employeur. Il dit avoir agi pour éviter les vols dans les halls d’immeubles, tandis que le syndicat Syndicom dénonce un renvoi « injustifié et abusif ».
En bref
- —42 ans de service
- —Licenciement effectif au 31 mai
- —Syndicom conteste le renvoi
Quarante-deux ans de service, un licenciement brutal
Jean-Daniel, postier suisse proche de 60 ans, a appris en février que son contrat prendrait fin le 31 mai 2026. Selon l’article de Midi Libre, qui cite 24 heures, il travaillait depuis 42 ans pour La Poste.

Le dossier repose sur un motif très concret : sa manière de livrer les colis. L’employeur lui reproche d’avoir continué à les monter aux étages, alors que des consignes lui demandaient de ne pas le faire.
Pour le salarié, cette pratique relevait d’un souci de service. Il explique avoir voulu éviter que des paquets soient dérobés dans des halls d’immeubles où des vols avaient été signalés.
Des colis montés aux étages malgré les consignes
Le point de friction tient à une règle interne : Jean-Daniel aurait reçu plusieurs directives lui demandant de ne plus acheminer les colis jusqu’aux étages. Il reconnaît, selon la source, avoir volontairement ignoré ces instructions.

Son raisonnement était lié au risque de vol. Dans certains immeubles, laisser les colis dans les halls pouvait exposer les clients à ne jamais récupérer leur paquet.
Cette situation illustre une tension fréquente dans les métiers de livraison : appliquer strictement les procédures ou adapter le geste professionnel à une situation concrète. Dans ce cas précis, La Poste a retenu le non-respect des consignes comme motif de rupture.
Un renvoi contesté par le syndicat
Le syndicat Syndicom a pris position en faveur du postier. Il qualifie le licenciement d’« injustifié et abusif », selon les éléments rapportés par Midi Libre.

L’affaire intervient dans un contexte plus large de transformation du travail postal. L’article rappelle que La Poste fait face à une hausse du volume de colis et à une baisse importante du courrier, deux évolutions qui pèsent sur l’organisation du travail.
Jean-Daniel dénonçait lui-même cette pression supplémentaire dans le cadre de son engagement syndical. La Poste, de son côté, affirme qu’il n’existe aucun lien entre cet engagement et la décision de le licencier.
Pour comprendre
Le cas s’inscrit dans une transformation du secteur postal : les colis prennent plus de place dans l’activité, tandis que le courrier recule. Cette évolution peut modifier les tournées, les priorités et les contraintes pesant sur les agents.
Une possible bataille devant les prud’hommes
La suite pourrait se jouer sur le terrain de la justice du travail. Le postier envisage de saisir le tribunal des prud’hommes pour défendre son cas.

L’objectif évoqué par le syndicat est clair : obtenir la réintégration de Jean-Daniel dans l’entreprise. À ce stade, l’article ne mentionne pas de décision judiciaire rendue.
Le dossier devrait donc porter sur l’appréciation du licenciement : l’employeur invoque le non-respect de consignes, tandis que le salarié et son syndicat défendent une décision prise, selon eux, dans l’intérêt des clients.
Ce dossier oppose deux lectures d’un même geste professionnel : pour La Poste, un manquement aux consignes ; pour Jean-Daniel et Syndicom, une initiative destinée à protéger les colis des clients. La procédure envisagée devant les prud’hommes dira si ce licenciement peut être contesté et, éventuellement, ouvrir la voie à une réintégration.


